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Un président réformateur
Raul Castro restera comme l’une des figures de proue de la révolution cubaine, qu’il a menée aux côtés de son frère Fidel, auquel il a succédé de facto en 2006, même s’il n’est devenu officiellement président du Conseil d’Etat qu’en 2008.
Ouverture du pays aux investisseurs étrangers, développement du secteur privé… Les années Raul Castro resteront marquées du sceau de la réforme économique. En témoigne le fait que les Cubains ont le droit d’acheter et de vendre des biens immobiliers depuis 2011, et qu’ils peuvent faire de même avec les voitures depuis 2014. Mais 2014 restera aussi dans les annales comme étant l’année de la mise en place d’une zone franche, chose impensable jusque-là. Et les résultats sont là : grâce à ses réformes, Cuba a enregistré une croissance de 1,6% en 2017, et ce malgré l’embargo américain. Autre signe d’ouverture s’il en fallait un : plus de 4,7 millions de touristes étrangers ont foulé le sol cubain en cette même année 2017.
Même constat en termes de bien-être. Cuba reste en effet ce pays où les soins médicaux sont gratuits et où l’éducation est accessible à tous. En matière d’égalité des sexes, là encore, l’île fait figure de bon élève, voire de très bon élève puisque la moitié de ses parlementaires sont des femmes. En ce qui concerne Internet, enfin, les Cubains sont désormais parfaitement connectés.
Mais c’est encore sur le plan diplomatique que les avancées ont été les plus spectaculaires, le rapprochement historique amorcé en 2014 avec les Etats-Unis ayant été concrétisé l’année suivante par l’établissement de relations diplomatiques, et consacré en 2016 par la visite à la Havane de Barack Obama.
Une transition dans la continuité
C’est à dessein que Raul Castro a présenté Miguel Díaz-Canel au poste de vice-président du Conseil d’Etat en 2013. « Ce n'est ni un parvenu ni un intrus », disait-il alors, vantant les trois décennies de loyaux services et la solide fermeté idéologique de son futur successeur.
Ce transfert de pouvoir qui s’opère aujourd’hui ne doit rien au hasard. Il faut savoir en effet que l’Assemblée élue le 11 mars dernier affiche une moyenne d’âge de 49 ans, et que 9 des 17 membres actuels du bureau politique du Comité central du Parti communiste cubain sont issus de la génération post-révolution. C’est donc avant tout une nouvelle génération qui prend les rênes du pouvoir, mais dans un esprit de transition et de continuité.
A
Cuba, il est de tradition que les grandes orientations politiques soient fixées
tous les cinq ans au cours du congrès national du Parti communiste, et qu’elles
prennent en compte les aspirations de la population. La nouvelle équipe
dirigeante peut ainsi compter sur un soutien populaire qui lui est d’ores et
déjà acquis.




