La commune de Xuân Quan |
« Une fois, je suis allé à Sa Pa et c’est là que j’ai découvert ces fameux rosiers anciens qui sont en fait des rosiers français très robustes à fleurs géantes », nous explique-t-il. « J’ai décidé d’en acheter pour les multiplier. Plus tard, j’ai aussi consulté Internet pour importer de nouvelles fleurs de Thaïlande, de Grande-Bretagne et de Chine. Actuellement, je vends des fleurs dans tout le pays, y compris dans les coins les plus reculés du delta du Mékong. »
Phan Huy Hoàng n’a pas grand-chose à envier à Nguyên Van Tuyên : lui aussi engrange chaque année plusieurs milliards de dôngs grâce à ses fleurs. Lui aussi fait partie de cette nouvelle caste de « milliardaires » - milliardaire en dôngs, entendons-nous bien ! - qui a fait son apparition à Xuân Quan au cours de ces dernières années. Après avoir passé 4 années à l’académie d’agronomie du Vietnam, il a décidé de développer des tissus horticoles en laboratoire. Ces 2 dernières années, il a même investi 2 milliards de dôngs dans ce laboratoire, qui lui permet aujourd’hui d’être le fournisseur numéro un de Xuân Quan et d’envisager une véritable stratégie de labellisation et d’exportation.
« Ici, les gens avaient l’habitude de faire venir leurs plants de Dà Lat », nous raconte-t-il. « C’est ce qui m’a décidé à ouvrir un laboratoire de greffe de tissus au terme de mes études à l’académie. L’idée, c’est non seulement de pouvoir fournir des plants aux horticulteurs d’ici, mais aussi de les multiplier, de façon à leur permettre de développer leur production. »
La maison de Phan Huy Hoàng |
Parmi les jeunes horticulteurs « milliardaires » de Xuân Quan, on peut encore mentionner Nguyên Ngoc Hàm, Nguyên Ngoc Tuyên, Nguyên Van Thom et Nguyên Minh Duc.
En 2006, le club des horticulteurs de Xuân Quan ne comptait que six membres. Aujourd’hui, ce club est devenu une véritable coopérative, qui regroupe 36 foyers sur les 900 que compte la commune. Et pour les membres de cette coopérative, il ne s’agit pas seulement de faire grand, mais de faire moderne, à grand renfort de technologie.
L’an dernier, chaque foyer membre de la coopérative a gagné au moins 300 millions de dôngs de bénéfices. Certains ont même obtenu jusqu’à 4 milliards de dôngs. Et en tout cas, ce sont des centaines d’emplois qui ont ainsi pu être créés, à la plus grande satisfaction de Lê Quy Dôn, le président du Comité populaire de la commune de Xuân Quan.
« En 2004, grâce au projet d’assistance à la restructuration économique, les habitants de Xuân Quan ont investi dans l’horticulture », nous rappelle-t-il. « Ils ont acquis tout un savoir-faire en s’inspirant des techniques appliquées dans d’autres villages horticoles. Ils ont même construit des serres plus solides et plus modernes que celles des villages horticoles de Mê Linh et Tây Tuu, à Hanoï. Xuân Quan fournit plus de variétés de fleurs que bien d’autres villages horticoles. Et ce sont des fleurs qui peuvent être utilisées aussi bien en décoration intérieure que pour des parterres… Quant aux recettes annuelles, elles varient entre 50 et 70 millions de dôngs par an. »
D’une localité purement rizicole et vivrière aux revenus précaires, Xuân
Quan est devenue aujourd’hui l’un des plus grandes communes horticoles du
Vietnam. En période de fête, elle accueille des milliers de visiteurs, pour le
plus grands bonheurs des horticulteurs locaux qui entendent bien continuer à
exploiter le filon pour en faire une industrie de plus en plus…
florissante…




