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| Le Premier ministre chinois Li Keqiang et son homologue indien Manmohan Singh. Photo: Adnan Abidi Reuters/Reuters |
Mais les paroles ne précèdent pas forcément les actes. Bien que la Chine soit le plus grand partenaire commercial de l’Inde, l’augmentation du déficit commercial accentue les divergences. Parti de zéro dans les années 1990, le commerce sino-indien est avantageux pour la Chine, qui y exporte essentiellement de l’électricité et des équipements de télécommunication. Cependant, elle n’ouvre pas ses portes aux produits indiens en retour. Pékin explique ce déséquilibre par des différences de structure économique des deux pays. Une estimation qui n’est pas partagée par New Delhi ; le Premier Ministre indien expliquant que pour atteindre 100 milliards de dollars de commerce bilatéral en 2015, il faut équilibrer la balance commerciale, et que cela dépend en grande partie de la Chine.
Les deux puissances s’affrontent aussi sur des questions territoriales, depuis 1962. Un mois à peine avant la visite de Li Keqiang, les tensions autour des frontières se sont ravivées ; l’Inde avait accusé l’armée chinoise d’avoir violé le territoire indien au nord-ouest de l’Himalaya et en réponse, avait massivement envoyé son armée dans ce secteur. Chaque partie ayant fait preuve d’écoute quant à ce conflit territorial, le climat s’est détendu depuis, sans pour autant trouver d’issue définitive. Li Keqiang a simplement mentionné un mécanisme d’édification de la confiance à la frontière litigieuse et ajouté que les mesures proposées méritaient d’être « longuement examinées par les deux parties ». Avant l’arrivée de Li Keqiang à New Delhi, le quotidien Rénmín Rìbào, organe central du Parti Communiste Chinois, a publié un commentaire selon lequel, la Chine et l’Inde ont décidé de séparer la question frontalière des relations globales et d’assurer que la différence n’affectera pas le développement des relations bilatérales. Mauvaise décision selon les experts qui pensent qu’il ne faut pas étouffer les conflits en privilégiant uniquement les aspects économiques. Au moment où l’Inde procède à différentes démarches pour obtenir la suprématie en réajustant sa stratégie militaire et diplomatique et en modernisant son armée, la Chine ne peut faire comme si de rien n’était. Qui plus est, New Delhi se rapproche chaque jour davantage de Washington et ne soutient plus Pékin dans les conflits en Mer Orientale. Lors de son entretien avec Li Keqiang, Manmohan Singh a en effet refusé de soutenir la position de la Chine sur les îles disputées en Mer Orientale.
Il est clair que la visite du Premier Ministre chinois à New Delhi est considérée comme une preuve de mauvaise concordance dans les relations de voisinage. Le manque de confiance stratégique entre ces deux voisins asiatiques complique leur rapprochement. On n’attend donc pas d’avancée magique dans les relations sino-indiennes dans les prochains temps, estiment les analystes./.




