![]() Do Minh Duong en train de jouer de la musique
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Ça fait un an seulement que Duong apprend la musique pentatonique, mais il peut déjà utiliser tous les instruments.
![]() Les enfants apprennent la musique pentatonique
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Un ensemble pentatonique est composé d’instruments classés en 5 catégories: bois, cuivre, fer, cuir et vent. Le tambour shampho est constitué d’un fût très légèrement conique sur lequel sont tendues deux morceaux de cuir de boeuf. Le musicien frappe sur les deux faces pour donner les sons souhaités. Deuxième et principal instrument: le Rônek qui est constitué de 26 lames en bois ou en bambou, de forme rectangulaire, qui sont assemblées en clavier. Le musicien frappe sur ces lames à l’aide de 2 baguettes en bois. Troisième instrument: le Chling qui ressemble un peu au gong des Kinh. Quatrième instrument: le Sro Lay qui est un instrument à vent composé de différents tubes en bois précieux. Le musicien le met en position verticale et souffle dans une embouchure. Cinquième instrument indispensable: le Pun Piet, un ensemble de 16 petits gongs en cuivre assemblés sur un support en rotin, en forme de demi-lune, rappelant évidemment le gamelan indonésien. Le musicien se met au milieu de ce cercle, frappant sur les gongs à l’aide de 2 baguettes dont l’extrêmité est garnie de cuir.
L’ensemble pentatonique des Khmers peut interpréter la musique traditionnelle mais aussi la musique moderne. Duong Van Ninh, 12 ans, est heureux de pouvoir suivre des cours à la pagode: “J’ai commencé à apprendre cette musique il y a 2 semaines. Je peux jouer maintenant 3 morceaux. C’est très difficile. Le soir, j’apprends une moitié et le matin, l’autre moitié d’un morceau.”
La musique pentatonique berce la vie des Khmers. Les musiciens ne sont pas des professionnels mais des paysans. Les petits à la pagode des Chauves-souris se montrent très motivés. Do Minh Duong a dit: “J’ai appris une cinquantaine de pièces. Les autres apprennent aussi vite. En fait, il n’y a que le premier morceau qui est difficile à apprendre. Ensuite, ça ira tout seul.”
La pagode des Chauves-souris n’est pas la seule à apprendre la musique pentatonique aux jeunes Khmers. Bien d’autres ont même créé des clubs, en ouvrant des classes gratuites. Car, ce sont les enfants d’aujourd’hui qui insuffleront une nouvelle vitalité à la musique de leurs ancêtres, pour qu’elle résonne à jamais dans les villages, quelles que soient les turbulences de la vie moderne.




