L’orchestre de gongs du village d’Ako Siêr, à Buôn Ma Thuôt |
Avant toute chose, une précision s’impose : le mot « gong » ne désigne pas forcément le métallophone auquel on pense le plus souvent. Ici, il se réfère à un instrument de bambou, plus ancien, appelé ching kram, qui est de forme tubulaire.
Grêle est un morceau de gong traditionnel joué pour inviter à boire lors d’une fête villageoise. Il s’inspire du bruit que font les grêlons, d’où son titre. Mais les membres de l’orchestre de gongs du village d’Ako Siêr, à Buôn Ma Thuôt, l’ont renouvelé en le ponctuant d’acclamations. Et manifestement, ils ne sont pas les seuls : les orchestres villageois s’emploient désormais à donner une nouvelle jeunesse à leur répertoire, comme a pu le constater le folkloriste Vu Lân. « C’est vraiment intéressant de voir comment les musiciens villageois revisitent les morceaux anciens. Si traditionnellement les gongs ne servent qu’à marquer le rythme, les villageois s’en servent aujourd’hui pour jouer des mélodies entières. Dans le cas de Grêle, ils poussent des cris dès le début du morceau, pour simuler l’effet soudain de la grêle sur les hauts plateaux », nous dit-il. Non contents de reproduire exactement ce qu’ont fait leurs ancêtres, ils s’amusent à improviser avec les gongs |
Les musiciens Ede, eux, rêvent de faire du gong, qui est traditionnellement réservé aux cérémonies rituelles, un instrument de concert internationalement connu.




