Le premier ministre japonais Shinzo Abe et le président chinois Xi Jinping - Photo Kyodo News |
Un bon moment…
Le ton devrait être cordial en ce 40e anniversaire du Traité de Paix et d'amitié scellé en 1978 par Pékin et Tokyo. Sinon, il faut bien comprendre que cette visite de Shinzo Abe en Chine fait suite à celle qu’avait effectué au Japon son homologue chinois Li Keqiang. C’était au mois de mai dernier et les comentateurs y avaient déjà vu l’esquisse d’un rapprochement entre les deux pays. Mais aujourd’hui, le contexte est légèrement différent. Face à l’avalanche de droits d edouane déclénchée par les États-Unis, Pékin et Tokyo se doivent de faire front uni.
…pour un retour à la normale
L’objectif de cette visite est donc « un retour à la normale », qui est de l’intérêt de Pékin au moins autant que de celui de Tokyo.
Avant son départ pour Pékin, le chef du gouvernement nippon s’est déclaré prêt à porter les relations bilatérales à une nouvelle hauteur. Le Japon souhaite conjuguer ses efforts avec la Chine pour maintenir la paix et la stabilité dans la région, a assuré Shinzo Abe, qui a également lancé l’initiative d’un sommet tripartite Chine-Japon-République de Corée.
Sur le plan économique, il semblerait que la guerre commerciale avec les États-Unis ait contribué à rapprocher un peu les deux rivaux asiatiques. Lors de son séjour de 3 jours en Chine, Shinzo Abe, dont la délégation comprend 500 hommes d’affaires, devrait assister à un forum d’affaires bilatéral, au cours duquel il ne devrait être question que de redynamiser les échanges commerciaux et les investissements. Parmi les mesures envisagées, figure la réouverture des échanges directs en yen et en yuan, échanges suspendus depuis 2013 en raison des tensions bilatérales. A noter que la Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial du Japon, qui de son côté, est son deuxième partenaire commercial après les États-Unis et son 4e investisseur étranger.
Il ne faut pas se cacher néanmoins que les tensions demeurent nombreuses entre les deux pays. La semaine dernière encore, le gouvernement nippon protestait contre une nouvelle incursion de navires chinois aux environs des fameuses îles Senkaku, situées en mer de Chine orientale. Le Japon s’inquiète par ailleurs régulièrement des ambitions militaires et navales de son puissant voisin dans la région.
Mais ce sommet a avant tout une portée symbolique, et symbole pour symbole, Shinzo Abe espère repartir avec la promesse d’une visite du président chinois au Japon dès l’an prochain.




