(VOVworld) - Niché en plein cœur du vieux quartier de Hanoi, le café Giang est depuis longtemps une destination familière pour les touristes et les habitants de la capitale. Giang séduit la clientèle non seulement par son célèbre café aux œufs, mais aussi par un petit côté « vieil Hanoï » qui lui confère un charme unique.
Tuyet Minh, elle, ne se contente pas d’être une cliente fidèle et même très fidèle puisqu’elle vient ici presque tous les jours. Elle y amène souvent beaucoup d’amis ou de touristes : « Je trouve qu’ici, les boissons ont une saveur unique, notamment le café aux œufs qu’on ne trouve guère ailleurs. En tant que guide touristique, j’ai envie de faire découvrir ce café. Et puis j’aime bien ce cadre qui est propice aux longues conversations. ».
Autrefois, le café Giang ne servait que du café aux œufs. C’est Nguyen Tri Hoa, le fils de Nguyen Van Giang, qui a inventé plus tard des variations comme le chocolat aux œufs, la boisson au haricot mungo et aux œufs, ou la bière aux œufs. Mais il a jalousement gardé la façon de torréfier et de moudre de café de son père. Au café Giang, on trouve des boissons qui sont difficiles à trouver dans d’autres cafés comme le rhum au citron, le rhum aux raisins, le rhum aux œufs, mais qui sont vendues à des prix très abordables. Mais la boisson-reine demeure le café, un café pur et authentique, et d’ailleurs irremplaçable. Nguyên Tri Hoa confie : « Depuis toujours, nous n’utilisons pas de café de Ban Mê Thuôt, mais du café de Nghê An, qui a des grains plus petits mais plus concentrés et plus parfumés. Les œufs frais viennent toujours des poules élevées dans le jardin. Jamais d’ingrédients périmés ! ».
Nguyên Tri Hoa, patron du café Giang
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Le café aux œufs a donc assuré la notoriété du café Giang, mais pas seulement. Le cadre aussi, attire les clients. « Chacun ses goûts. Moi, j’aime l’aspect de la maison de mon enfance, au 90 rue Cau Go. Et quand nous avons déménagé pour nous installer ici, au 39 rue Nguyen Huu Huan, j’ai décidé de tout décorer comme du temps de mon père. Je ne suis ni peintre, ni artiste, juste tenancier de café. Mais j’ai utilisé tous les objets que mes parents ont laissés. Les horloges, les ventilateurs, les miroirs, les meubles, les outils... tous étaient là. Je me suis contenté de leur trouver un bon emplacement. En tout cas, les clients aiment beaucoup. Il y en a même qui m’on dit que c’était comme une installation artistique ! » dit Nguyen Tri Hoa.
Lui-même d’un tempérament nostalgique, Tri Hoa affectionne tous les objets de son café : « Beaucoup de cafés cherchent à attirer la clientèle en soignant la décoration. Mais il leur manque cet aspect un peu immatériel auquel je tiens tant. Ici, les objets ne sont pas des êtres inanimés, ils ont une histoire qui leur est propre… Ils nous renvoient au passé. ».
Photos : VOV/Hoa Ha
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