Le séchage des bâtonnets de bambou constitue un magnifique paysage |
Dans l'atelier d'encens de madame Huong |
Une pâte à base de résine et de sciure de bois est utilisé comme adhésif naturel dans la fabrication d'encens |
«Les ingrédients principaux sont la racine de la dianelle ensifoliée, qui est une plante herbacée vivace très parfumée, et la canne à sucre. Plus la dianelle ensifoliée est mûre, plus la canne à sucre est sucrée, plus l’encens est subtil. Les ingrédients doivent être complètement séchés au soleil avant être torréfiés jusqu’à devenir dorés. Aucune substance chimique n’est ajoutée», nous explique Nguyên Thi Huong.
Les substances végétales odoriférantes sont réduites en poudre et mélangées selon une proportion déterminée. Les secrets de cette opération sont jalousement gardés par chaque famille car ils décident de la fragrance et de la durabilité de l’encens.
Le bâtonnet, en bambou, est enrobé d’une pâte à base de résine et de sciure de bois. Le plus surprenant, c’est que cette opération est réalisée manuellement, tige par tige, par des personnes à la dextérité exceptionnelle. Celles-ci doivent d’abord fendre des bâtonnets d’une trentaine de centimètres de long, qui seront teintés de rouge à une extrémité. Séchées sur des tréteaux, les bâtonnets sont ensuite emballés dans du papier, rouge bien évidemment.
Les bâtonnets d'encens séchés au soleil |
Si une certaine automatisation est nécessaire, Doàn Van Thao, qui travaille à l’atelier de Madame Huong, insiste pour continuer à exécuter certaines tâches à la main, notamment le séchage.
«En haute saison, nous utilisons une vingtaine de travailleurs. Chacun peut produire jusqu’à 10.000 bâtonnets par jour. L’encens de Lai Triêu est unique, avec une texture et un parfum particuliers. C’est tout un art et un simple changement de méthode de production pourrait en modifier la qualité»
Une vieille ouvrière s'occupe du séchage |
Actuellement, l’encens de Lai Triêu est expédié à l’étranger, même dans les grands pays producteurs d’encens tels que l’Inde, la Chine ou la Malaisie.
Les produits de Lai Triêu font partie de la famille de «huong trân», l’encens «ouvert» en français. Pourquoi «ouvert»? Y-a-t-il d’autres catégories d’encens? Vous trouverez la réponse dans la suite de ce reportage intitulée «L’encens fermé, le parfum du printemps»...



