Le palais III de Bao Dai. Photo: Thế Hùng/VOV5 |
Sur les hauteurs de Dà Lat, une petite route serpente à travers la forêt pour mener au sommet de la colline Ai Ân. Là, dissimulé dans un écrin de nature, apparaît le palais III, majestueux, lumineux, empreint d’un calme solennel. Le portail franchi, les visiteurs ont le sentiment de pénétrer dans un autre monde, entre élégance coloniale et sérénité royale.
Pour Dinh Thi Phuong, venue de Tuyên Quang, cette première visite laisse une impression marquante, tant par la beauté de l’édifice que par sa portée historique.
«C’est ma première visite ici. J’en avais entendu parler à l’école, mais sans trop de détails. Cette fois, je découvre à la fois les lieux et leur histoire. Ce qui m’a frappée, c’est l’architecture. Il faut dire qu’en 1933, c’était extrêmement moderne, aussi bien dans la structure que dans l’aménagement intérieur», constate-t-elle.
Construit entre 1933 et 1938, le palais III se compose de deux niveaux, mêlant harmonieusement architecture européenne et influences asiatiques. L’édifice compte 25 pièces réparties sur deux étages.
Le rez-de-chaussée était dédié aux activités officielles avec bureau de l’empereur et salons de réception. À l’étage se trouvait l’espace privé de la famille impériale, avec les appartements de Bao Dai, de l’impératrice Nam Phuong, ainsi que des princes et princesses.
Dans ce lieu, le passé semble intact. Les portes en bois conservent leur patine d’origine, et la lumière naturelle traverse les grandes fenêtres pour éclairer le bureau du souverain. Aux murs, portraits en noir et blanc et souvenirs d’époque racontent silencieusement la vie du dernier roi du Vietnam.
Hoàng Van Trinh, guide touristique, accompagne régulièrement des groupes venus du Nord.
«Les visiteurs trouvent cet endroit magnifique. Les objets sont remarquablement bien conservés. C’est un lieu idéal pour raviver l’histoire et aussi un atout économique pour le tourisme à Dà Lat», nous dit-il.
Le long des couloirs dallés, l’odeur du vieux bois se mêle à celle des fleurs du jardin. Au bout du bâtiment, le loggia Vong Nguyêt conçu pour contempler la lune s’ouvre sur un coin de ciel paisible, comme au temps où le couple royal y passait des nuits romantiques. Le parc environnant, fleuri et soigneusement entretenu, ajoute à l’élégance de l’ensemble. Chaque arbre, chaque pierre semble empreint de mémoire.
Aujourd’hui, le palais III est devenu une halte incontournable pour les visiteurs de Dà Lat, curieux de découvrir un pan vivant de l’histoire nationale.
Venue en famille depuis Hanoï, Thu Thuy, 30 ans, partage son ressenti:
«Le cadre, l’architecture… c’est un lieu qu’il faut absolument voir à Dà Latte. Le palais est construit sur une colline boisée, avec une vue splendide et une atmosphère très pure. Ce qui m’a vraiment surprise, c’est la modernité des lieux, il y a plus de 80 ans. C’est aussi un lieu chargé d’histoire. Ça permet à mes enfants, et à moi aussi, de mieux comprendre la vie du roi Bao Dai, le dernier monarque vietnamien. Cette visite, ce n’est pas seulement du tourisme. C’est aussi une vraie leçon d’histoire vivante», nous confie-t-elle.
Chaque jour, des centaines de visiteurs, vietnamiens et étrangers, franchissent les portes du palais III. Certains viennent pour les photos, d’autres pour s’imprégner du charme discret de l’époque coloniale et pour écouter, entre les murs silencieux, le murmure d’un passé révolu.
Témoin figé d’une époque disparue, le palais de Bao Dai continue de veiller sur la ville de Dà Lat. À travers son architecture, ses jardins et son histoire, il tisse un lien rare entre nature, mémoire et beauté. Un lieu à découvrir ou redécouvrir, au moins une fois dans sa vie.




