(VOVWORLD) - Fin octobre, alors que la saison des récoltes touche à sa fin, les villages de Thai Nguyên s’animent autour des vergers de kakis sans pépins. Ce fruit d’automne, prisé pour sa texture croquante et sa saveur délicate, représente bien davantage qu’un simple produit du terroir: il constitue une source de revenus essentielle pour les habitants locaux.
Les kakis sans pépins sont cultivés dans les communes situées au nord de la province de Thai Nguyên. Photo : VOV |
Réputé pour sa chair croquante, son goût frais et l’absence totale de pépins, cette spécialité de Thai Nguyên bénéficie d’une réputation bien établie sur le marché intérieur. Dans les communes de Quang Bach, Nam Cuong, Dông Phuc, Na Phac, Ba Bê et Na Ri, certains arbres centenaires continuent de produire des fruits d’une qualité remarquable. L’an dernier, plus de 830 hectares ont été cultivés pour une production dépassant 2.000 tonnes.
«Ces kakis sont délicieux et très sucrés. Chaque année, j’en vends beaucoup sur le marché. Grâce à des infrastructures de transport modernisées, la distribution est devenue bien plus facile», explique Vu Thi Huê, cultivatrice à Ba Bê.
Pour Nông Sy Lâp, cultivateur à Nam Cuong, la campagne 2025 a été particulièrement favorable. «On cultive environ 6.000 m² de kakis. Cette année, la récolte est excellente. Les acheteurs viennent directement dans les vergers. La valeur économique est importante, le rendement a beaucoup augmenté», dit-il.
Grâce à l’application des techniques scientifiques modernes, les vergers de kakis connaissent une belle croissance. Photo : VOV |
Créée en 2018 dans le hameau de Nà Chom, la coopérative Dông Loi illustre la nouvelle dynamique de restructuration agricole. Regroupant plus de 20 producteurs, elle mutualise les savoir-faire et la commercialisation.
«Nous exploitons environ 43 hectares, dont la moitié en production. Les bonnes années, nous récoltons jusqu’à 150 tonnes. Pour 2025, nous prévoyons entre 60 et 70 tonnes et nous souhaitons étendre les surfaces cultivées», précise Luc Van Thiêp, directeur adjoint de la coopérative.
Labellisé par une indication géographique depuis 2010 et classé parmi les 100 marques vietnamiennes les plus réputées en 2013, le kaki sans pépins bénéficie désormais d’une forte visibilité. Les prix se situent cette année entre 20.000 et 25.000 dôngs le kilo (environ 0,8 euro).
Le kaki sans pépins a permis à de nombreux ménages de Thaï Nguyên de prospérer. Photo : VOV |
L’amélioration des infrastructures rurales — routes bétonnées, accès facilités — a permis une meilleure intégration logistique. Les fruits sont désormais acheminés vers Hanoï, Hai Phong ou Bac Ninh, tandis que le tourisme agricole prend forme, les visiteurs venant cueillir eux-mêmes les fruits au cœur des vergers.
Pour renforcer la valeur ajoutée, la coopérative Dông Loi a investi dans la transformation solaire du fruit, produisant des kakis séchés moelleux. D’un kilo de fruits frais, 400 à 500 grammes de produit fini sont obtenus.
«Nous nous concentrons désormais sur les kakis séchés, afin de diversifier nos produits et d’accroître la rentabilité. Le marché accueille très favorablement nos produits», indique le directeur de la coopérative, Dông Van Loi.
La coopérative prévoit de transformer 5 à 6 tonnes cette année, des produits déjà certifiés OCOP (À chaque commune, un produit) — un programme national visant à promouvoir les spécialités locales. Cette initiative contribue à stabiliser les prix, réduire les pertes post-récolte et prolonger la commercialisation tout au long de l’année.
Les autorités provinciales intensifient la promotion du produit via le commerce électronique, les réseaux sociaux et les salons spécialisés, tout en misant sur le développement de l’agrotourisme. Objectif: faire du kaki sans pépins un atout économique durable pour Thai Nguyên.
De fruit traditionnel des collines à marque agricole structurée et innovante, le kaki sans pépins symbolise l’évolution d’une ruralité vietnamienne en quête de modernité. À la croisée du patrimoine et du marché, il illustre comment la qualité, la coopération et la transformation peuvent redéfinir le futur économique des régions montagneuses du Nord.




