![]() |
| photo : Thuy Van |
![]() |
" Si le spectacle de 2015 était composé de 70 % de préparation et 30% d’improvisation, cette année c’est moitié-moitié. Ce sont cette liberté de création et la superbe musique de Quang qui ont sublimé ma danse. Chaque fois que Quang change d’instrument de musique, c’est comme si ma vie changeait d’étape. C’est beaucoup d’émotions que je dois, en tant que danseur, arriver à maîtriser pour pouvoir produire des gestes précis et significatifs qui puissent aller droit au coeur des spectateurs. L’émotion et l’exactitude constituent ma démarche artistique."
![]() |
Au milieu de la scène, protégé d’en haut par l’énorme chapeau conique, Ngo Hong Quang est entouré d’instruments de musique traditionnels: un gong à cordes, un monocorde, un đàn tính, et bien d’autres objets créant des sons. Son jeu consiste à créer de l’ambiance musicale pour la pièce. Chaque instrument correspond à un chapitre de l’histoire racontée. Si l’apparition de l’être humain au début du spectable est décrite par les sons du gong à cordes qui, selon lui, exprime exactement les sons les plus naturels, le monocorde sera l’instrument du chapitre suivant qui décrit les douleurs de la vie. A la fin du spectable, quand l’homme a envie de retourner à son enfance, le musicien profitera de la pureté du “dan tinh” pour créer des sonorités de la liberté. Ngo Hong Quang :
"On appelle « musique d’ambiance » ou « musique de fond » un type de musique qui n’est pas destiné à être écouté avec attention, mais plutôt à meubler le silence et à créer une ambiance particulière en établissant un fond sonore discret. Ce serait la musique idéale pour la danse contemporaine. Ce sont deux types d’art qui favorisent au maximum la création des artistes. Nous avons beaucoup progressé depuis 2015. Cette fois-ci, j’ai introduit le dan tinh et à la fin, je chante une de mes chansons, histoire de terminer le spectacle en beauté."
![]() |
"Comme vous savez, Khai saisit bien la musique parce qu’il est danseur mais moi, je dois faire beaucoup d’efforts pour pouvoir produire quelques gestes de danse. Khai m’a appris quelques gestes de Yoga lors de nos répétitions. Cela m’aide beaucoup dans mon interaction avec lui sur scène, me permettant aussi de bien contrôler ma respiration de façon à garder la meilleure santé possible pendant ces 40 minutes précieuses."
![]() |
| Ngo Hong Quang - Vu Ngoc Khai |
Van Quy Ngoc Ai, la productrice du spectacle, en est aussi le troisième pilier. Les trois aventuriers n’ont pas trouvé de donateur autre que leurs propres familles. Ce sont leurs parents qui ont aidé à financer leur projet de A à Z. Petite, modeste mais déterminée, Ai a réussi l’impossible.
"Le travail de communication est d’autant plus difficile que Quang et Khai travaillent avec beaucoup de rigueur et ils n’acceptent aucune ingérence dans leur oeuvre. Il y avait plusieurs donateurs qui ont proposé de nous financer à condition qu’on accepte certains changements quant à la durée et au contenu du spectable. Mes deux artistes ont catégoriquement refusé, et in fine, vous voyez, nous avons décidé de travailler sans donateurs. Les répétitions ont eu lieu à l’Ecole supérieure de danse du Vietnam, la location du lieu de répétition correspondait à trois séances d’enseignement de Khai aux étudiants de là-bas. Somme toute, nous avons fait beaucoup d’efforts pour financer ce projet et nous avons réussi, n’est-ce pas ? "
La scène finale de Non - 2016 traduit les efforts du danseur de retourner à son enfance, à la nature. Il se met à genoux, les bras et le visage orientés vers le ciel. Les sonorités de la liberté résonnent. Le musicien quitte son cercle blanc avec son dan tinh. Il chante « Retour aux monts », chanson qu’il a composée pour ce spectacle, édition 2016.
La liberté, la délivrance, le retour aux origines… c’est ce que les spectateurs retiendront de Non-2016. Certains se poseraient la question de savoir quel est le rôle du chapeau conique. Eh bien, en plus de sa beauté esthétique, de sa connotation d’attachement à la mère, la forme pointue du chapeau conique représente aussi le long et pénible parcours vers le sommet de l’art, symbolisée par le point culminant du chapeau. Il faut monter bien des étages avant d’y accéder.




