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| Thy Nhung, journaliste au journal Phap luât (Le droit) de Hô Chi Minh-ville. Photo: VOV5/Vinh Phong |
Le son de la corne de brume qui résonne au moment où les navires quittent le port pour prendre le large vers l'archipel de Truong Sa reste gravé à jamais dans l'esprit des journalistes vietnamiens car partir en reportage vers Truong Sa n'est pas une mission ordinaire. Les journalistes doivent affronter une traversée semée d'embûches, naviguant à travers les vagues et les tempêtes pour rejoindre cet archipel stratégique. Leur objectif: témoigner du sacrifice silencieux des soldats et des habitants de ce district insulaire, et produire des œuvres authentiques qui contribuent à la défense de la souveraineté maritime sacrée de la patrie. Thy Nhung, au journal Phap luât (Le droit) de Hô Chi Minh-ville, partage son expérience.
"Ce qui m’a marquée dès les premières heures, c’est le soleil brûlant, le vent incessant et ce goût salé dans l’air. Mais ce qui m'a marquée à vie, c’est la force tranquille des soldats et des habitants, leur résilience, leur fierté... J’ai rencontré des jeunes soldats. Au départ, je m’attendais à les trouver mélancoliques à cause de l'éloignement familial. Mais dans leurs regards, j’ai vu autre chose: une fierté ardente, une détermination sans faille à protéger les îles et la mer de la patrie. Ils racontent avec simplicité leur quotidien, leurs veilles au milieu de l’océan, et évoquent leur famille restée sur le continent avec un sourire lumineux - preuve d’une résilience ancrée au cœur des vagues”, nous raconte-t-elle.
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| Lan Phuong, journaliste de la Voix du Vietnam. Photo: Đinh Thang |
“Là-bas, rien ne ressemble au travail sur le continent. Chaque traversée est un défi. Mais c’est précisément dans ces conditions extrêmes que le journaliste se confronte à l’essence même de son métier: rapporter l’essentiel, et aller là où les autres ne peuvent aller. Je me suis rendue à Truong Sa à sept reprises, et chaque fois, l’émotion était au rendez-vous. C’est l’amour profond pour la mer de la patrie, l’admiration pour la détermination des soldats de la marine qui, malgré des conditions de vie encore rudes, restent fermement attachés à la mer et accomplissent parfaitement leur mission de gardiens des eaux territoriales”, nous confie-t-elle.
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| Nguyên Thê Lam (chemise grise), directeur et rédacteur en chef du Centre de communication de la province de Quang Ninh. Photo: VOV5/Vinh Phong |
Les conditions météorologiques peuvent être particulièrement hostiles, surtout en fin d’année. Forte houle, pluies diluviennes, vents violents... Rien pourtant n’altère la détermination de ceux qui ont choisi de raconter Truong Sa au reste du pays. Et ce n’est pas Nguyên Thê Lam, directeur et rédacteur en chef du Centre de communication de la province de Quang Ninh, qui nous prétendra le contraire…
"Lors de mon voyage à Truong Sa, les conditions météorologiques étaient très défavorables. La mer était agitée, avec des vents et des pluies torrentielles. Mais on sait bien que les tempêtes font partie de la normalité là-bas. Pour les journalistes, ce voyage revêt une signification particulière. Peu importe la sévérité des conditions météorologiques, ils s'efforcent de surmonter tous les obstacles pour produire des images authentiques et vivantes de la vie et du travail des soldats et habitants de Truong Sa”, nous explique-t-il.
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| Le lieutenant-colonel et journaliste au Centre de radiodiffusion-télévision de l’Armée, Nguyên Khanh Ngoc, et des soldats de Truong Sa. Photo: VOV5/Vinh Phong |
"Les sentiments chaleureux que mes camarades et les habitants de Truong Sa nous témoignent, à nous journalistes, sont si sincères et authentiques... Cela nous fait aimer Truong Sa davantage. Un voyage là-bas n'est pas seulement une mission, mais aussi un parcours d'amour patriotique, de responsabilité et de fierté. À travers chaque article, chaque photo, nous contribuons à faire connaître le courage des soldats insulaires et l’amour profond du peuple vietnamien pour la mer et ses îles”.
Durant une dizaine de jours seulement, les journalistes sur place recueillent récits, images, sons - tout ce qui permettra de faire résonner Truong Sa jusqu’au continent. Leurs reportages sont autant de passerelles jetées entre ces terres lointaines et le reste du pays.
Ils deviennent les porte-voix d’un archipel dont les contours physiques s’effacent derrière la force du lien émotionnel et patriotique. Messagers de la mer, ils ramènent dans leurs carnets et leurs caméras un écho vibrant de cette souveraineté vécue, patiemment défendue.




