Un atelier à Tan Van - Photo vnexpress.net |
Hông Van Chinh est l’un des derniers tourneurs de l’atelier de Kim Lan. Mais il est surtout l’héritier de toute une lignée de tourneurs, ce qui fait de lui un grand spécialiste de la discipline. Nul besoin, pour lui, de moule, de règle ou d’outil. Il possède ce fameux « tour de main » qui lui a été légué comme un bien à faire fructifier.
« Pour les décorateurs, le travail est relativement simple, parce qu’ils ont déjà toute une gamme de motifs à leur disposition », nous dit-il. « Mais pour nous, les tourneurs, c’est une autre histoire !... Il faut être capable d’inventer des formes et savoir les façonner… Et croyez-moi, ça n’arrive pas du jour au lendemain. Ça demande au moins plus d’une année d’apprentissage ».
Photo vnexpress.net |
Alors il y a donc les tourneurs, les décorateurs et puis les cuiseurs. A ces derniers, revient la tâche d’apporter la touche finale et de maîtriser les ardeurs des fours. Pas évident, car les fours en question doivent rester à une température constante de 1.200 degrés Celsius pendant quatre jours, d’où l’absolue nécessité de les contrôler très régulièrement. C’est ce à quoi s’emploie Lâm Lâp, cuiseur de son état.
« Je me suis lancé dans ce métier de céramiste quand j’avais une vingtaine d’années », nous raconte-t-il. « Mes grands-parents étaient eux aussi céramistes et je pense qu’ils ont su me transmettre l’amour du métier. Et c’est essentiel, ça, sinon, on ne tient pas très longtemps ».
Photo vnexpress.net |
Voilà maintenant près de 30 ans que Chinh et Lâp exercent. Ils seraient bien incapables de quantifier leur production. Ce n’est pas ce qui les préoccupe. Ce qui les fait avancer, c’est l’espoir de perpétuer une tradition artisanale qui fait la fierté de toute une région.
Ils ont d’autant plus
de mérites qu’à Tân Van comme ailleurs, l’artisanat est parfois délaissé au
profit d’autres activités économiques, jugées plus rentables. Cela étant, la céramique y a encore de beaux
jours. Nombreux sont les restaurants ou les sites touristiques qui passent en
effet commande, garantissant ainsi l’avenir de l’un des fleurons de notre
artisanat.




