Le ministre de la Défense, le général Phan Van Giang, et son homologue chinois, le général Dong Jun, rencontrent les habitants de Hai Son. Photo: Quynh Trang/VOV |
C’est à la mi-mars que les travaux de ce «dispensaire de l’amitié» ont officiellement débuté dans le hameau de Po Hèn, soit à plus de quinze kilomètres du centre médical de Mong Cai. Le futur bâtiment de deux étages s'étendra sur près de deux mille cinq cents mètres carrés, avec des espaces consacrés aux consultations, à l'administration et aux équipements techniques. Offert par le ministère vietnamien de la Défense, il s’inscrit dans le cadre du Xe programme d’échanges frontaliers entre le Vietnam et la Chine.
Ce futur dispensaire est en tout cas bienvenu. Il faut dire que l’ancien, exigu et sommairement équipé, ne permettait de répondre qu’à une partie des besoins, comme l’a trop souvent déploré le docteur Vu Dinh Quyên, directeur du poste de santé communal.
«On faisait surtout des consultations de base, quelques échographies... Pour le reste, on n’avait pas le matériel», nous explique-t-il.
Cérémonie de lancement des travaux du centre médical d’amitié dans la commune de Hai Son (Quang Ninh). Photo: Quynh Trang/VOV |
Conséquence: les habitants devaient parcourir de longues distances pour accéder à des soins plus complets. Sàn Moc Sang, une habitante du hameau de Po Hen, issue de l’ethnie San Chi, s’en souvient bien…
«Avant, on devait descendre jusqu’au centre médical de Mong Cai, voire aller à l’hôpital provincial pour se faire soigner», nous raconte-t-elle.
Le nouveau chantier change la donne. Le futur dispensaire promet en effet une montée en gamme des soins de proximité, ce dont se félicite le docteur Quyên.
«Avec de nouveaux équipements, on pourra accéder à des techniques plus sophistiquées, plus modernes, et détecter des maladies qu’on ne voyait pas avant», prévoit-il.
Dans la commune, l’annonce a été accueillie avec un soulagement palpable.
«Ça va répondre aux besoins des habitants, leur faire économiser du temps, de l’argent, et éviter des transferts vers les hôpitaux de niveau supérieur. Et pas seulement pour Hai Son, les communes voisines en profiteront aussi», nous dit une habitante.
«On est vraiment contents d’avoir un poste neuf, avec du matériel moderne, et d’être mieux pris en charge», renchérit une autre.
Pour les soignants eux-mêmes, l’enjeu est aussi professionnel.
«Des locaux dignes et bien équipés, ça nous permettra d’assurer de bien meilleurs soins primaires», nous explique un agent de santé.
«Pour moi, c’est une immense joie… difficile à décrire. Je suis très reconnaissant envers le Parti, l’État et l’armée pour cet établissement moderne offert à notre communauté», ajoute un autre.
Les délégués posent pour une photo souvenir lors de la cérémonie. Photo: Quynh Trang/VOV |
Doté d’un budget de cinquante-deux milliards de dôngs (environ deux millions de dollars), le projet avance avec l’objectif d’une mise en service rapide. À terme, il doit desservir directement quelque 615 habitants, répartis dans cent soixante foyers, et devenir le principal relais sanitaire de cette commune frontalière. Les autorités locales s’engagent à tenir les délais, comme a tenu à nous l’assurer Lê Van Cuong, le président du comité populaire de Hai Son.
«Nous travaillerons étroitement avec toutes les parties pour garantir le calendrier et la qualité des travaux, afin que ce dispensaire puisse servir la population au plus vite. Nous continuerons aussi à renforcer les liens d’amitié et à construire une frontière de paix, de coopération et de développement», a-t-il ainsi déclaré.
Lê Van Cuong, le président du comité populaire de Hai Son. Photo: Quynh Trang/VOV |
Au-delà de sa fonction médicale, l’équipement porte une ambition politique plus large. Dans ces zones sensibles, améliorer les conditions de vie revient aussi à fixer les populations. Ici, aux confins du territoire, un dispensaire peut peser autant qu’une infrastructure stratégique: il contribue à maintenir les habitants sur leurs terres - et, ce faisant, à consolider la souveraineté le long de la frontière sino-vietnamienne.




