Le vénérable Chau Ty. Photo: Ngoc Anh/VOV5 |
D’origine khmère, le vénérable Chau Ty est né en 1941 dans la commune de Tri Tôn, province d’An Giang. En 2022, en reconnaissance de ses contributions au développement de l’Église bouddhique du Vietnam, il a été élu vice-président du Conseil des sages de l’Église. Le vénérable collabore régulièrement avec le Front de la Patrie et les autorités locales afin de sensibiliser et d’encourager la population à respecter les politiques et les lois de l’État.
“Le vénérable Chau Ty est respecté de toute la communauté khmère locale. Il guide les fidèles dans la pratique des rites bouddhiques et s’implique activement dans la vie communautaire. Son exemple constitue également une source d’inspiration pour les jeunes générations. Pour les Khmers, la présence d’un vénérable occupant une haute fonction au sein de l’Église bouddhique est une grande fierté. Le vénérable Chau Ty a également contribué à préserver l’identité culturelle khmère, notamment la gravure de textes sacrés sur des feuilles de latanier”, nous fait savoir Kim Som Ry Thi, interprète et assistant du vénérable.
Soucieux de préserver la langue et l’écriture khmères, chaque été, le vénérable Chau Ty organise gratuitement des cours de khmer pour les élèves à la pagode Soài So. Il encourage également des bienfaiteurs à soutenir les élèves défavorisés en leur offrant des livres et du matériel scolaire. Grâce à ces activités sociales et caritatives, ainsi qu’au prestige du vénérable Chau Ty, la pagode Soài So est devenue un site de tourisme spirituel important dans la région, attirant un nombre croissant de fidèles, d’habitants et de visiteurs.
“Le vénérable s’engage activement dans des actions caritatives pour aider les personnes défavorisées et encourage la population à respecter la loi. Les habitants lui font confiance et suivent ses enseignements”, témoigne Chau Nho, un habitant de la province d’An Giang.
En 2017, l’art de l’écriture sur feuilles de latanier du peuple khmer dans la province d’An Giang a été reconnu par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme comme patrimoine culturel immatériel national. Cette reconnaissance doit également beaucoup à la contribution du vénérable Chau Ty. Les manuscrits gravés sur feuilles de latanier, une forme traditionnelle d’écriture du bouddhisme theravāda khmer, sont aujourd’hui menacés de disparition.
Photo: Ngoc Anh/VOV5 |
Dans la province d’An Giang, le vénérable Chau Ty est actuellement la seule personne à maîtriser encore cette technique. Il a transmis ce savoir à ses disciples, mais la technique étant très difficile, peu d’entre eux parviennent à la maîtriser. Chaque manuscrit sur feuille de latanier contient non seulement les enseignements du Bouddha, mais aussi des récits populaires et des coutumes, constituant ainsi une part précieuse de la culture et du savoir du peuple khmer, comme l’indique le vénérable Chau Ty.
“En 1964, j’ai rencontré un vieil homme vivant près de la pagode qui maîtrisait la gravure des textes sur feuilles de latanier. Je lui ai demandé de m’enseigner cette technique. En 1967, j’ai commencé à graver moi-même des manuscrits sur feuilles, une activité que j’ai poursuivie jusqu’aux années 1980", raconte-t-il. "Les manuscrits que j’ai réalisés sont aujourd’hui conservés dans plusieurs pagodes de la province d’An Giang. Certaines pagodes m’ont aussi demandé de graver les enseignements du Bouddha sur feuilles de latanier afin que les moines puissent les lire et les commenter lors de cérémonies importantes ou de fêtes traditionnelles. Apprendre à graver les caractères sur feuilles est très difficile et demande à la fois passion et grande maîtrise. De plus, ces feuilles sont devenues rares dans notre région. Aujourd’hui, la plupart des feuilles et des outils utilisés pour graver ces manuscrits sont importés du Cambodge. La réalisation d’un manuscrit comprend de nombreuses étapes, de la préparation des feuilles et de l’encre jusqu’à la gravure des caractères. Il s’agit d’un savoir-faire culturel propre au peuple khmer que peu de personnes parviennent à maîtriser”.
Le vénérable Chau Ty s’est vu décerner par l’État le titre d’Artisan émérite en 2015, puis celui d’Artisan du peuple en 2019. Grâce à son prestige, il joue également un rôle de passerelle entre l’Église bouddhique du Vietnam, les autorités et la population, contribuant à bâtir des communautés paisibles et harmonieuses.




