![]() La maison d'une famille Cham
|
Comme nous vous disions la semaine dernière, la société Cham est essentiellement matriarcale. Une fois mariées, les filles d’une famille donnée restent habiter à proximité de chez leurs parents, mais dans des maisons individuelles. Autant dire qu’une lignée familiale possède, en principe, autant de maisons que de filles ayant convolé en justes noces ! Mais le nombre de maisons dépend aussi de la couche sociale à laquelle la famille appartient. Le Duy Dai : « Les familles de notables peuvent facilement avoir jusqu’à 7 maisons, les autres doivent se contenter de 5, au maximum. Si l’une de ces maisons n’est pas habitée, elle sert d’entrepôt pour les outils agricoles. »
![]() |
De toutes ces maisons que peut posséder une lignée familiale, une est plus importante que toutes les autres : le « thang dơ ». C’est en effet là qu’ont lieu les mariages ou les cérémonies de culte. Le Duy Dai explique : « Le « thang do » est réservé aux jeunes mariés. Lorsque la fille aînée d’une famille se marie, elle s’y installe avec son mari, ses parents déménageant alors dans une autre maison appelée « thang lâm ». Mais elle doit à son tour céder la place si elle a une sœur plus jeune qui se mari pour aller s’installer dans le « mư dâu ». Et ainsi de suite… »
Chez les Chams, l’orientation des maisons est particulièrement importante : « Oui, c’est très important, c’est vrai. Pour le « thang do », par exemple, c’est toujours sur un axe nord-est, qui est censé apporter la fécondité. Le « thang lam », lui, est toujours à côté ».
De nos jours, le système matriarcal a tendance à disparaître au profit de l’apparition de familles nucléaires. Du coup, il y a moins d’enfilades de maisons. Mais les habitations n’en conservent pas moins une véritable « âme ». Le Duy Dai : « À l'heure actuelle, on ne trouve presque plus d’ensembles de 5 ou 7 maisons. Mais chaque maison prise séparément conserve sa structure traditionnelle et surtout son orientation ».




