Le G20 parviendra-t-il à atteindre ces objectifs ? Force est de constater qu’il existe autant d’arguments pour que contre.
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Tout d’abord, les pour
Le Premier ministre australien Tony Abbott a salué le consensus en faveur d’un plan d’actions commun. Son homologue britannique, David Cameron, s’est réjoui de la nouvelle avancée sur le libre échange. Pour Christine Lagarde, directrice générale du FMI, le consensus dégagé du sommet du G20 constitue la clef de voute pour une croissance durable et la création d’emplois.
Des alliances économiques ont été mises en œuvre ou sont en train de naître, citons entre autres, l’Accord de partenariat transpacifique (TPP) ou les accords de libre échange bilatéraux (FTA). Ces outils offrent dorénavant à chaque économie membre du G20 un coup de pouce considérable. Prenons l’exemple du FTA Chine-Australie qui a été signé ce lundi et qui devrait rapporter à l’Australie 16 milliards de dollars dans les prochaines années.
Des signes positifs ont aussi été notés du côté des deux plus grandes économies de l’Europe, à savoir l’Allemagne et la France qui semblent être sorties de la récession. Elles ont respectivement enregistré une croissance de 0,1 et 0,3% au 3ème trimestre 2014.
Mais les défis sont aussi de taille.
Le sommet du G20 a donc permis de créer de nouveaux mécanismes d’actions. L’important est maintenant de les appliquer efficacement, a indiqué la directrice générale du FMI, qui a souligné la nécessité d’une surveillance rigoureuse.
Pour certains experts, les objectifs du G20 sont trop ambitieux. Compte tenu du frein de croissance de certaines économies, de l’escalade des tensions géo-politiques et de la corruption qui devient de plus en plus sophistiquée au niveau mondial, ces experts émettent de très sérieux doutes quant à la possibilité de réaliser une croissance de plus de 2%.
Ces doutes semblent d’autant plus justifiés qu’à la veille de la clôture du sommet de Brisbane, le Japon, 3ème économie mondiale, s’est déclaré officiellement en récession, son PIB ayant chuté durant deux trimestres consécutifs.
Compte tenu de l’instabilité mondiale, le Premier ministre britannique David Cameron a lui aussi estimé devoir prononcer des mises en garde pour la relance économique de son pays. La Grande-Bretagne ayant, elle aussi, enregistré une récession au 3ème trimestre de l’année. Les embargos entre l’Union européenne et la Russie, sous l’effet de la crise ukrainienne, ont aussi affecté les deux économies et la super puissance mondiale - les Etats-Unis, n’enregistre aucun progrès notable.
N’oublions pas de signaler que pour stimuler la croissance mondiale, les membres du G20 devraient appliquer simultanément, dans les années à venir, pas moins de 800 mesures de réforme économique, allant de la réforme du marché du travail à la réduction des barrières commerciales. Personne ne peut affirmer que dans ce processus douloureux, il n’y aura pas de tentative individuelle d’un pays ou d’un autre d’échapper à la règle commune pour protéger ses propres intérêts.
Oeuvrer en faveur du développement est essentiel pour parvenir à une croissance forte, durable et équilibrée, et garantir à tous une économie mondiale plus solide et résistante. Mais pour gagner, il faut tout d’abord vaincre les enjeux.




