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Le céladon est l’émail le plus difficile s’agissant de céramique. Il fait appel à des techniques sophistiquées que ce soit lors de l’introduction des produits dans le four, au moment de la cuisson ou encore quant il faut faire entrer du vent pour obtenir un émail brillant. Les céramistes comparent souvent le céladon à une jeune fille à l’âge de la puberté. Nguyên Viêt: « Le céladon est un émail spécial formé d’éléments magiques que l’on trouve uniquement dans notre pays. Je suis en permanence à la recherche de ces ingrédients. Je suis allé à Sa Pa, dans les localités du Sud et à n’importe quel endroit pour trouver ces matières premières. »
Nguyên Viêt a entamé ses recherches en matière de céramique en 1979. 12 ans plus tard, c’est à dire en 1991, il a achevé son ouvrage de recherches sur les émails utilisés durant les dynasties Ly et Trân. Aujourd’hui, on trouve une multitude d’objets au céladon, très attrayants aux yeux des professionnels. Cet émail est en effet transparent, subtile et donne à la fois une grande impression de souplesse et de fragilité. À ce jour, Nguyên Viêt a remis à jour 5 couleurs de céladon: jade, café, noir, melon et blanchâtre: « Chaque pays a ses propres caractéristiques. Le Vietnam possède les siennes. Dans la céramique, on ne peut pas mélanger tout et n’importe quoi. L’école vietnamienne a un caractère culturel spécifique. Il convient donc de restaurer et de préserver cette tradition de la céramique. »
Dans ses produits, on découvre l’amour et la fierté de Nguyên Viêt pour la céramique ancienne. Écoutons-le: « Je souhaite contribuer au développement de cette école culturelle, car je crains qu’après ma disparition, personne ne reprenne le flambeau. J’ai déjà publié un ouvrage sur le céladon de la dynastie des Ly. Il me reste à rédiger celui des dynasties Trân, Lê et Mac. »
Aujourd’hui, la passion et l’enthousiasme de cet artiste ont été insufflés à d’autres jeunes céramistes. Pour Nguyên Thu, 24 ans, qui travaille dans l’atelier céramique de Nguyên Viêt, sa rencontre avec ce dernier fut un grand tournant dans sa vie. Les productions en céladon et les discussions qu’il a entretenues avec Nguyên Viêt l’ont séduit à tel point qu’il a décidé d’abandonner son précédent métier pour se consacrer à la céramique. Grâce aux savoirs transmis par Nguyên Viêt, ce néophyte a assimilé presque toutes les techniques de création du céladon. Nguyên Thu: « Nguyên Viêt est un homme de culture. Il vit pour la culture et agit conformément aux règles de la vie. J’ai beaucoup appris de lui. Pour exercer le métier de céramiste, il faut pouvoir agir avec calme et transparence, comme la jade. L’irritation et l’impatience sont proscrites dans ce métier. »
L’école de céladon Dông Thanh existait depuis la dynastie des Ly au 11e siècle. Cet émail avait été retrouvé uniquement au musée de Bruxelles, en Belgique. Il a aujourd’hui été ressuscité au Vietnam. La réussite de Nguyên Viêt dans la restauration de cette école d’émail permet au Vietnam de retrouver l’une de ses nombreuses richesses culturelles. C’est aussi une preuve et une belle illustration de l’habileté et de la souplesse des céramistes Vietnamiens.




