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Remettre le xâm au goût du jour
12/08/2020 10:08
(VOVWORLD) - Créé au 13e siècle, le xâm est un art vocal vietnamien. Quasi disparu pendant des décennies, cet art populaire a repris de la vigueur ces dernières années grâce notamment à des spectacles donnés dans des endroits publics par des artistes chevronnés. Le spectacle qui se déroule tous les weekends, depuis près de quatre ans, au temple dédié au roi Lê Thanh Tông dans la rue piétonne de Hanoï est devenu le rendez-vous des professionnels et amateurs de Xâm et d’arts traditionnels vietnamiens.
Le spectacle commence à 20h30 mais la cour est déjà comble 15 minutes avant Photo: Thy Loan  Samedi soir, au cœur de Hanoi, dans la rue piétonne. Le calme habituel du temple dédié au roi Lê Thanh Tông est brisé par le son du tambour, de la viole à deux cordes et d’autres instruments traditionnels. Sans besoin de décor, la cour du temple se transforme en scène pour créer une plus grande proximité entre les artistes et les spectateurs. Le spectacle commence à 20h30 mais la cour est déjà comble 15 minutes avant.  Première interprétation du soir Photo: Quang Tuân  Suspendu pendant quelques mois en raison de la pandémie de coronavirus, ce spectacle a repris le 15 mai. Lancé en juin 2016 par le groupe Xâm Ha Thanh, ce rendez-vous musical rythme depuis la vie des Hanoiens. Mme Kiên An, 76 ans, habite dans le quartier de Hang Trông. Elle fait partie des plus fidèles spectatrices depuis sa création. « Tous sont des artistes professionnels qui travaillent dans les grands théâtres de la ville. Je viens les écouter tous les weekends. J’aime beaucoup les chants traditionnels. Quand j’étais jeune, j’étais  une artiste de cheo », a-t-elle fait savoir.  Thanh Thuy est une touriste de passage : « Je suis passionnée par les arts tradionnels. C’est intéressant ce spectacle. J’ai pu admirer  le cheo, le xâm, le châu van…et c’est gratuit. Ces spectacles sont une très bonne idée et ils permettent au  public hanoien et aux touristes de découvrir un pan de culture vietnamienne ».  Autrefois, le xâm était interprété par des chanteurs et musiciens aveugles, qui trouvaient là un moyen de subsistance. Ils voyageaient en groupe de deux à cinq, ou en famille, et se produisaient dans les lieux publics comme les marchés, les gares, les stations de tramway ou aux coins des rues animées. Les instruments de musique utilisés sont généralement une viole à deux cordes, des claquettes et cliquettes en bambou, ainsi que des tambourins. Se produire dans une rue piétonne empruntée par des visiteurs venus des 4 coins du pays est la meilleure façon d’entretenir la flamme du xâm. « A l’heure des nouvelles technologies, on préfère écouter de la musique moderne. Les artistes de xâm ont du mal à trouver leur public », a confié l’artiste émérite Xuân Hai. « Ce spectacle est l’occasion de rencontrer le public et de préserver et valoriser un art traditionnel original typiquement vietnamien. Tous les artistes ont repris leur travail dès la fin de la distanciation sociale liée à la pandémie de coronavirus. Ils se réunissent ici tous les weekends pour servir le public », a-t-il ajouté. L’artiste Xuân Hai (droite) interprète “Dứa dại không gai”, un air qui parle du culte de la fécondité de manière très humoristique Photo: Quang Tuân À l’aide d’une viole à deux cordes appelée