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Climat mondial: une situation de plus en plus alarmante

2026/3/24 | 09:16:42
(VOVWORLD) - Les dernières données scientifiques montrent que la Terre se déséquilibre à un rythme inédit. Les effets du changement climatique dépassent désormais les prévisions et se complexifient dans un contexte d’instabilité économique et géopolitique.

Chaleur estivale sur l’esplanade du Trocadéro, à proximité de la tour Eiffel, à Paris, le 1er juillet 2025. Photo: REUTERS/Tom Nicholson

Publié à l’occasion de la Journée météorologique mondiale (23 mars), le rapport «L’état du climat mondial 2025» de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) tire la sonnette d’alarme: la quasi-totalité des indicateurs climatiques et environnementaux sont au rouge, sans amélioration nette en vue.

Des records de chaleur qui s’enchaînent

Selon l’OMM, la période 2015–2025 regroupe les onze années les plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2025 arrive au deuxième ou au troisième rang, avec une température moyenne mondiale supérieure d’environ 1,43 °C à celle de l’ère préindustrielle (1850–1900). En parallèle, les phénomènes météorologiques extrêmes — vagues de chaleur, fortes pluies, cyclones tropicaux — se multiplient. Ils provoquent d’importants dégâts et montrent la vulnérabilité croissante des sociétés et des économies à l’échelle mondiale.

Le signal le plus préoccupant est l’aggravation du «déséquilibre énergétique» de la Terre, un indicateur clé introduit pour la première fois dans ce rapport. En situation normale, l’énergie reçue du Soleil et celle renvoyée vers l’espace s’équilibrent. Mais l’accumulation de gaz à effet de serre — CO₂, CH₄ et N₂O —, à des niveaux inédits depuis au moins 800.000 ans, a rompu cet équilibre. En 2025, ce déséquilibre atteint un niveau record depuis le début des mesures, en 1960. Les océans en portent la trace la plus visible. Véritables réservoirs de chaleur de la planète, ils absorbent depuis plus de vingt ans une quantité d’énergie équivalente à environ 18 fois la consommation mondiale annuelle. Conséquences: dégradation des écosystèmes marins, érosion de la biodiversité, affaiblissement du puits de carbone, intensification des cyclones tropicaux et hausse continue du niveau de la mer, qui menace les moyens de subsistance de milliards de personnes. 

“Pour être honnête, ce n’est qu’une partie d’un tableau climatique très préoccupant. Notre rôle est de présenter les données que nous observons, dans l’espoir qu’elles encouragent à agir. Mais les indicateurs actuels laissent peu de raisons d’être optimiste”, reconnait la secrétaire générale adjointe de l’OMM, Ko Barrett.

Avant même la publication du rapport de l’OMM cette année, de nombreux experts alertaient déjà sur une situation d’urgence climatique, estimant que la Terre dépasse ses limites de sécurité. Autre inquiétude: le ralentissement des engagements climatiques ces dernières années, qui complique encore la réponse à la crise. 

“Je pense que, dans la prochaine décennie, les années 2030 seront encore plus chaudes. Les phénomènes météorologiques extrêmes deviendront plus fréquents et plus intenses, avec des conséquences plus lourdes. Nous pourrions alors regarder les années 2020, aujourd’hui relativement plus fraîches, avec nostalgie. C’est une inquiétude très concrète”, note Samantha Burgess, spécialiste des stratégies climatiques au service Copernicus sur le changement climatique (C3S) de l’Union européenne

Le président américain Donald Trump a signé une série de décrets visant à renforcer l’utilisation des combustibles fossiles et à revenir sur les avancées des États-Unis en matière de lutte contre le changement climatique et de transition vers les énergies propres. Photo: REUTERS/Mike Segar

Les conflits accentuent la pression sur l’environnement

Les tensions géopolitiques et économiques récentes compliquent davantage la lutte contre le changement climatique. Plusieurs gouvernements ont assoupli, voire abandonné, une partie de leurs engagements en faveur de la transition verte.

Aux États-Unis, l’administration de Donald Trump a diminué les aides aux véhicules électriques, favorisé les énergies fossiles et pris ses distances avec certains engagements climatiques. En Europe, la Commission européenne a assoupli son objectif de fin des voitures à moteur thermique d’ici 2035 pour soutenir l’industrie automobile. Dans le même temps, les conflits en Ukraine, à Gaza et au Moyen-Orient ont des effets durables sur l’environnement. Des attaques contre des installations pétrolières et gazières, notamment en Iran et dans les pays du Golfe, ont entraîné d’importants rejets de substances toxiques dans l’atmosphère.

“Nous sommes particulièrement préoccupés par la multiplication des attaques contre les installations pétrolières, qui risquent d’avoir de graves conséquences environnementales dans tout le Moyen-Orient et d’affecter immédiatement l’eau potable, l’air et la sécurité alimentaire. Par ailleurs, certaines usines de dessalement dans la région sont également visées”, précise le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric.

Selon les experts économiques, les conflits actuels risquent de prolonger la dépendance au pétrole et au gaz. Les perturbations de l’approvisionnement mondial, comme l’engorgement du détroit d’Ormuz, auront des effets durables et poussent de nombreux pays à constituer rapidement des réserves stratégiques de pétrole et de gaz.

À long terme, cette crise énergétique peut aussi servir de signal d’alerte. Elle incite les pays à développer des énergies alternatives, surtout les énergies renouvelables. D’après l’ONU, les énergies renouvelables sont aujourd’hui de nouvelles sources d’électricité les moins chères et chaque dollar investi dans ce secteur crée trois fois plus d’emplois qu’un dollar investi dans les combustibles fossiles. Pour ces raisons, l’ONU en fera une priorité dans les années à venir, afin de renforcer le rôle des énergies renouvelables dans la lutte mondiale contre le changement climatique. 

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