En application de la résolution n°26 du Bureau politique, qui fait du tourisme un secteur économique clé pour la nouvelle ère, les collectivités locales multiplient les initiatives et mettent en place de nouveaux mécanismes pour attirer les visiteurs et les faire rester plus longtemps.
Au milieu de la forêt de mélaleucas d’U Minh Ha, des chants résonnent à bord d’une barque. Ce sont ceux des visiteurs du circuit «Jour vert au cap de Cà Mau, nuit de légende à U Minh». Une scène qui colle à l’ambiance chaleureuse et populaire de Cà Mau.
Pendant deux jours, les touristes découvrent la nature et la vie locale: installation de supports en bois pour attirer les abeilles sauvages, pêche en eau douce, récits autour de Ba Phi, le «roi de l’humour» local, et dégustation de spécialités de la forêt du Sud.
Dans leurs premiers témoignages, les visiteurs soulignent surtout la qualité de l’organisation et l’accueil.
«Franchement, le circuit est très bien organisé. Les différentes étapes s’enchaînent bien, et l’ensemble est vraiment professionnel», dit l’un d’entre eux.
«On a traversé la forêt de mélaleucas en barque: c’était magnifique. On a très bien mangé, et les habitants de Cà Mau sont vraiment accueillants», raconte un autre.
«Avec ce circuit, on a pu observer les animaux de nuit, dans le parc national d’U Minh Ha. C’est une activité qui se démarque dans la zone d’eau douce de Cà Mau, et qui contribue à faire connaître la destination, au Vietnam comme à l’étranger. Tout est parti du circuit “Nuit de légende à U Minh”. La journée, on visite d’autres sites et, le soir, on observe la faune et on découvre le quotidien des habitants», ajoute un troisième touriste.
Ce circuit illustre les efforts engagés pour relancer le tourisme à Cà Mau, mais aussi, plus largement, dans l’ensemble du delta du Mékong.
Pendant les congés de la fête nationale du 2 septembre, la fréquentation a fortement progressé par rapport à la même période de l’an dernier. An Giang est arrivée en tête, avec plus de 580.000 visiteurs, devant Cân Tho, qui en a accueilli plus de 353.000, et Cà Mau, avec plus de 210.400. Vinh Long et Dông Thap enregistrent eux aussi une nette progression.
Derrière ces chiffres, les collectivités cherchent surtout à renouveler leur offre.
À Cân Tho, par exemple, le marché flottant de Cai Rang ne se limite plus à la visite du site. Il est désormais associé à une grande semaine consacrée à la gastronomie, à la culture et au sport, avec l’objectif d’allonger la durée des séjours. À Dông Thap, c’est la saison des crues qui devient un argument touristique, à travers le développement d’un tourisme communautaire.
«Les habitants comme les visiteurs aiment beaucoup revenir vers les rivières pendant la saison des crues, et découvrir la campagne près de la frontière. Nous voulons faire de Hông Ngu une destination fondée sur la culture fluviale et les traditions locales, en lien avec la zone frontalière, et construire, sur le long terme, un tourisme vert», explique Nguyên Thi Kim Yên, vice-présidente du comité populaire du quartier de Hông Ngu.
À Vinh Long, l’offre se diversifie également: circuits dans les villages d’artisanat, route des poteries rouges, promenades à vélo sur les îles fluviales. Une nouvelle liaison s’y ajoute: une croisière sur le Mékong relie désormais le Cambodge ou Hô Chi Minh-Ville à Vinh Long.
«Notre slogan, c’est: “Une destination sûre, accueillante et de qualité”. Aujourd’hui, nous mettons l’accent sur le tourisme fluvial, tout en préservant l’environnement, les paysages, la convivialité et l’esprit communautaire des habitants de Vinh Long», Nguyên Thi Ngoc Dung, directrice adjointe du service de la Culture, des Sports et du Tourisme de Vinh Long.
Pour répondre aux attentes des visiteurs, les entreprises du secteur développent aussi des séjours courts, davantage tournés vers l’expérience. Le principe est simple: des destinations proches, des programmes courts et une qualité de service adaptée.
Selon Trân Huu Hiêp, vice-président de l’Association du tourisme du delta du Mékong, cette évolution commence déjà à modifier les habitudes de fréquentation.
«Ce qu’il faut retenir, ce ne sont pas seulement les chiffres de croissance. C’est surtout le changement positif dans la manière de penser et de faire du tourisme. On est passé de l’exploitation des ressources existantes à la conception d’expériences, avec aussi l’organisation de festivals culturels et sportifs. De nombreuses agences de voyage et structures d’hébergement proposent des offres plus attractives. Résultat: le nombre de touristes qui passent la nuit sur place augmente plus vite que celui des simples visiteurs. Les séjours s’allongent, et les dépenses augmentent aussi, au lieu de voir les touristes repartir après un simple passage», dit-il.
Dans le delta du Mékong, les collectivités veulent désormais construire une identité commune à l’échelle de la région. L’enjeu est d’attirer des visiteurs tout au long de l’année, en misant sur un tourisme plus durable. Autrement dit, faire du delta non plus un lieu où l’on s’arrête avant de repartir, mais une destination où l’on choisit de rester.








