Face à la raréfaction des poissons sauvages, en 2024, Nam Dan a aménagé une zone d’environ 2.000 m² au bord du fleuve Tiên. Il y a installé des pieux en bois, planté des jacinthes d’eau et construit un ponton flottant pour créer un refuge pour les poissons.
“J’ai installé les jacinthes d’eau jusqu’à la fin du troisième mois lunaire de 2024. Auparavant, j’avais acheté 1.200 kg d’alevins de pangasius que j’ai relâchés dans le fleuve. Depuis, les poissons ont grandi et continuent de vivre dans cette zone”, raconte Nam Dan.
La population de poissons s’est peu à peu développée. Pour assurer leur alimentation, Nam Dan dépense chaque mois plus de 10 millions de dôngs, soit environ 380 dollars, pour acheter de la nourriture. Chaque matin et chaque après-midi, il vient nourrir les poissons.
“Ces dernières années, Monsieur Nam s’est beaucoup investi dans les activités communautaires. Il joue un rôle important dans la protection des ressources halieutiques du fleuve Tiên. Les autorités apportent leur soutien, mais c’est lui qui coordonne et met en œuvre les actions sur le terrain. Aujourd’hui, la zone compte de nombreux poissons et plusieurs espèces différentes”, indique Luong Phu Xuân, vice-président du Comité populaire du quartier de Hông Ngu.
Grâce à l’initiative de Nam Dan, la zone de protection des poissons sur les rives du fleuve Tiên attire de plus en plus de monde. Les habitants viennent non seulement pour observer les poissons, mais aussi pour en relâcher dans le fleuve, les nourrir et participer à la préservation des ressources halieutiques.
“En octobre 2025, les autorités d’An Giang, de Dông Thap et de la ville de Cân Tho ont organisé une opération de remise à l’eau de poissons dans le fleuve. Après l’installation du ponton flottant, les habitants ont à leur tour commencé à relâcher des poissons. Depuis, ils viennent chaque jour y remettre différentes espèces à l’eau. Les plus nombreuses sont les pangasius et les barbonymus”, témoigne Nam Dan.
Aujourd’hui, cette zone abrite plusieurs centaines de tonnes de poissons, de différentes espèces. Certaines espèces rares, qu’on n’avait plus vues dans le fleuve depuis plusieurs années, sont même revenues. Peu à peu, un écosystème particulier s’est ainsi formé.
«Monsieur Nam a consacré beaucoup de temps et de moyens à cette initiative. Il a aussi mobilisé les habitants pour reconstituer les populations de poissons et protéger les ressources halieutiques. Il a même réussi à obtenir entre une et deux tonnes de nourriture par mois pour les poissons. Nous avons suivi son exemple et nous sommes nous aussi mis à relâcher des poissons dans le fleuve», raconte Nguyên Van Dinh, habitant du quartier de Hông Ngu.
Avec l’augmentation du nombre de poissons, leur protection doit aussi être renforcée. Les autorités locales ont créé un groupe communautaire chargé de protéger les ressources halieutiques. Composé de neuf membres et dirigé par Nam Dan, il réunit des représentants de l’Union des femmes, de l’Association des agriculteurs, de l’Union de la jeunesse et des habitants du quartier. Une équipe de soutien a également été mise en place pour patrouiller, repérer les activités de pêche et intervenir en cas de pêche illégale, comme l’indique Nguyên Thanh Phong, président du Comité populaire du quartier de Hông Ngu.
“Nous sensibilisons la population et soutenons les actions de protection des poissons. L’équipe chargée de protéger les ressources halieutiques travaille avec Monsieur Nam et le groupe communautaire pour surveiller cette zone. Toute personne surprise en train de pêcher avec un fusil électrique ou un filet traînant sera sanctionnée conformément à la réglementation”, précise-t-il.
L’initiative de Nam Dan montre que la protection d’un fleuve peut commencer par des gestes simples mais efficaces, à condition qu’ils soient largement adoptés et inscrits dans la durée.








