Ouvrant les discussions, le vice-Premier ministre et ministre australien de la Défense, Richard Marles, a mis en garde contre la vulnérabilité croissante des infrastructures sous-marines stratégiques. Il a rappelé que 99% du trafic Internet australien dépendait de seulement quinze câbles sous-marins, susceptibles d’être endommagés ou sectionnés à tout moment.

«Lorsque les règles sont respectées, les pays de plus petite taille disposent d’une voix et de la capacité de décider de leur avenir. Lorsque le droit cède devant la loi du plus fort, la souveraineté devient le privilège des puissants», a-t-il dénoncé.

Le vice-Premier ministre qatari chargé des Affaires de défense, Sheikh Saoud bin Abdulrahman Al Thani, a partagé ces préoccupations. Évoquant la situation dans le détroit d’Ormuz, où le trafic maritime aurait chuté de près de 90% en raison de la crise régionale, il a fustigé l’utilisation des voies maritimes internationales comme instrument de pression politique.

«Nous tenons souvent la liberté de navigation pour acquise. Pourtant, la prospérité des nations, les échanges commerciaux mondiaux et la croissance économique internationale en dépendent directement. Le Qatar s’oppose fermement à toute tentative de transformer les routes maritimes internationales en outil de pression politique. Si un tel précédent était accepté, ce que nous observons aujourd’hui dans le détroit d’Ormuz pourrait demain se produire dans l’Indopacifique ou ailleurs dans le monde», a-t-il déclaré.

Les participants ont également souligné la nécessité de renforcer la coopération entre États et entre partenaires de sécurité afin de préserver la liberté de navigation. Plusieurs intervenants ont plaidé pour un recours accru aux technologies émergentes, notamment à l’intelligence artificielle et aux systèmes satellitaires, afin d’améliorer la surveillance des espaces maritimes et de protéger l’ordre juridique international sur les océans.