Placée sous le thème «Convergence des patrimoines – Façonner l'avenir», cette édition a réuni une cinquantaine de pays, avec 45 espaces culturels, 19 troupes internationales de spectacle vivant et 35 stands culinaires. Le public a également pu découvrir une sélection de films venus de près d’une vingtaine de pays.
Au cœur de la Citadelle impériale, les traditions se sont ainsi rencontrées dans une atmosphère festive. Un air de musique venu d’ailleurs, les couleurs d’un costume traditionnel, les saveurs d’un plat national ou encore une œuvre cinématographique ont offert autant d’occasions de découvrir l’autre et de créer des passerelles entre les cultures.
Au stand de l’Azerbaïdjan, par exemple, le public pouvait goûter au lula kebab, une spécialité de viande grillée préparée selon la tradition du pays, mais enrichie d’une touche vietnamienne.
«Nous présentons le lula kebab, une spécialité de viande grillée originaire d’Azerbaïdjan. Cette version est particulière, car l’ambassadeur y a associé des ingrédients vietnamiens et azerbaïdjanais, tout en respectant le savoir-faire traditionnel azerbaïdjanais. Des événements comme celui-ci, organisés dans un lieu aussi emblématique que la Citadelle impériale de Thang Long, nous permettent de faire découvrir cette spécialité dans une forme à la fois authentique et originale», explique Dang Minh Manh, responsable du stand.
Cette diversité a particulièrement séduit le public hanoïen, notamment les jeunes. Pour certains visiteurs, le festival constitue avant tout un espace de découverte et de partage.
«Même s’il fait assez chaud aujourd’hui, ma mère et moi apprécions énormément ce festival. J’espère qu’à l’avenir, Hanoï accueillera davantage d’événements de ce genre, avec des expériences culinaires et culturelles qui permettent aux jeunes et aux habitants de se rencontrer et de s’immerger dans différentes cultures», a dit une participante.
«L’ambiance est incroyablement animée et effervescente. Je vois des personnes de tous les âges et de tous horizons venir découvrir les différentes cultures. Pour moi, cet espace représente le lien, l’inclusion et la diversité culturelle: chaque stand reflète une identité nationale particulière», a partagé une autre.
«Ce qui m’impressionne le plus, c’est la diversité culturelle présentée à travers les stands, les activités culinaires et les nombreuses occasions de découvrir d’autres cultures et d’échanger avec leurs représentants. C’est une expérience formidable, non seulement pour les jeunes, mais pour tous ceux qui s’intéressent à la diversité culturelle. Cela contribue à faire de Hanoï une ville et une destination accueillantes, ouvertes à tous, quelles que soient les origines culturelles, religieuses ou nationales», a salué la troisième.
Le festival a également attiré de nombreux visiteurs étrangers, pour qui cette rencontre des cultures constitue une expérience originale au cœur de la capitale vietnamienne. Antoine Monreau, un touriste français, a notamment été frappé par le nombre de pays représentés.
«Nous sommes venus un peu tard, mais je trouve ce festival vraiment sympathique. Il y a des stands de nombreux pays, consacrés à la gastronomie, à l’art et aux cultures de différents pays. C’est une très bonne idée. Ce qui m’a surtout surpris, c’est la diversité des pays représentés: il y en a un nombre extraordinaire. C’est l’occasion de découvrir ce qui se fait dans chaque pays, avec des cuisines différentes, des musiques différentes, des gens différents… mais finalement, les chœurs sont les mêmes», a-t-il observé.
Pour Pawel Nowak, un touriste polonais, cette première découverte de Hanoï a aussi pris une dimension internationale.
«Je trouve cela très intéressant. C’est notre première journée à Hanoï et c’est vraiment agréable de voir que la ville a un visage aussi international, avec la célébration de nombreuses cultures. Cela attire beaucoup de monde et tout le monde semble passer un bon moment. J’apprécie de voir qu’aucun pays n’est laissé de côté : chacun a son stand et chacun peut mettre de côté ses différences pour célébrer la culture en général. Je recommanderais donc de renouveler cette expérience. Et si vous mettez de la musique forte, nous serons de nouveau là», nous a-t-il confié.
Au-delà de l’animation et de la découverte, le festival porte ainsi une ambition plus large. Pour Lâm Thi Phuong Thanh, ministre vietnamienne de la Culture, des Sports et du Tourisme, ces quatre journées montrent que la culture peut devenir un moteur de création, de coopération et de rayonnement international.
«Ces quatre derniers jours ont montré que lorsque le patrimoine, les arts du spectacle, le cinéma, la mode, la gastronomie, le tourisme et les nouvelles formes de création convergent dans un même espace, ils favorisent l’émergence de nouveaux produits et de nouvelles valeurs, tout en suscitant un vif intérêt du public. C’est une manière concrète de reconnaître le rôle des industries culturelles dans la transformation du potentiel créatif, de l’identité et des atouts culturels en force endogène, en compétitivité et en “soft power” pour la nation», a-t-elle souligné.
Elle souligne également la portée de cette dynamique pour les relations entre les peuples:
«Pour le Vietnam, la diplomatie culturelle ne se résume pas à promouvoir l’image du pays. Elle constitue aussi un instrument essentiel pour nouer des amitiés, favoriser la compréhension mutuelle, renforcer la confiance et accroître le rayonnement de la nation sur la scène internationale», a-t-elle indiqué.
Cette deuxième édition revêtait une signification particulière alors que le Vietnam célèbre cette année le 50e anniversaire de son adhésion à l’UNESCO. Dans ce contexte, Hanoï entend renforcer son rôle de plateforme de dialogue entre les cultures, en s’appuyant notamment sur son statut de Ville créative de l’UNESCO.
La capitale n’est donc pas seulement le lieu d’accueil d’un festival international. Elle se veut un espace où se rencontrent patrimoine, création, industries culturelles et développement durable. Les quatre jours de fête s’achèvent, mais les échanges, eux, sont appelés à se poursuivre, à travers les collaborations nouées, les expériences partagées et les nouvelles histoires culturelles qui continueront de circuler bien au-delà de Hanoï.






