Du 18 au 20 septembre, l’Áo dài Fashion Week London 2026 a mis à l’honneur la tenue traditionnelle vietnamienne, portée aussi bien par les femmes que par les hommes. Des mannequins venus de plusieurs pays l’ont fait vivre, dans un événement qui a fait dialoguer héritage, création et ouverture sur le monde.

L’áo dài fait vibrer Londres

Les projecteurs s’allument. Les áo dài entrent en scène, dans une succession de couleurs, de motifs et de matières. Sur le podium, c’est l’esprit créatif de neuf designers et marques venus du Vietnam, du Royaume-Uni et des États-Unis qui prend vie. Un véritable feu d’artifice de couleurs et de créations pour clore en beauté, le 20 septembre, à l’hôtel Leonardo Royal Tower Bridge, la Semaine de l’áo dài à Londres 2026.

Mais l’áo dài ne vit pas seulement sur les podiums. Il se porte aussi au quotidien et séduit le public, et notamment Deborah Lashley et Avis Ellis-Charles, deux invitées britanniques.

“C’est une soirée très créative et particulièrement inspirante. Je porte moi aussi un très bel áo dài aujourd’hui. Et avant tout, au-delà de son design, je dirais qu’il est vraiment très confortable. J’aime aussi beaucoup son style, parce qu’il dit quelque chose de ma personnalité. Il reflète également ce que la créatrice expliquait sur son travail: son lien avec la nature, l’inspiration qu’elle y puise et la façon dont elle cherche à la faire vivre dans ses créations”, raconte Deborah Lashley.

“La mode est universelle. Où que j’aille dans le monde, je découvre de nouvelles façons de la vivre. J’ai notamment passé plus de trois semaines et demie au Vietnam, et j’ai trouvé sa culture de la mode absolument fascinante. Cet événement est vraiment formidable et permet de découvrir toute la richesse et la diversité de la création au-delà des grands rendez-vous de la mode. Et le fait qu’il se déroule pendant la London Fashion Week est vraiment idéal. Si j’en ai l’occasion, je serais absolument ravie de porter un áo dài”, confie Avis Ellis-Charles.

Entre tradition et création, un héritage qui voyage

Organisée dans le cadre de la London Fashion Week par l’Association des femmes et des enfants vietnamiens au Royaume-Uni, la Semaine de l’áo dài vietnamien à Londres a mis à l’honneur les matières, les savoir-faire artisanaux et les nouvelles créations autour de la tenue traditionnelle vietnamienne.

Mais l’événement ne se limite pas aux défilés. Une grande parade a notamment fait descendre l’áo dài dans les rues du centre de Londres, tandis qu’un espace dédié au patrimoine et à l’artisanat a permis au public de découvrir son histoire et les savoir-faire qui lui sont associés, de la soie à la broderie. Des rencontres entre créateurs, artisans et acteurs du monde culturel ont également été organisées. À travers cette programmation, les organisateurs souhaitent surtout donner une nouvelle dimension à l’áo dài et le faire connaître au-delà de la communauté vietnamienne. Hoàng Hà, cheffe du comité d’organisation, revient sur cette ambition.

“De nombreux événements culturels sont déjà organisés autour de l’áo dài. Mais nous nous sommes demandé s’il était possible d’aller plus loin, en proposant quelque chose de nouveau et de plus créatif. Nous voulons promouvoir l’áo dài non seulement à travers les événements culturels et au sein de la communauté vietnamienne, mais aussi dans le monde de la mode, et lui ouvrir ainsi les portes de la scène internationale. Juste après cet événement, nous avons pris conscience que l’áo dài vietnamien avait beaucoup plus de valeur que nous ne le pensions. Cela montre aussi que la culture vietnamienne peut évoluer, s’ouvrir au monde et trouver pleinement sa place sur la scène internationale”, dit-elle.

À l’Áo Dài Fashion Week London 2026, l’áo dài change de visage, avec de nouvelles matières et de nouvelles idées, tout en restant fidèle à ses racines. The La Khê Silk a notamment fait venir du Vietnam un métier à tisser et des outils traditionnels pour faire découvrir au public londonien le savoir-faire du village de La Khê et la fabrication de la soie traditionnelle.

Sur les podiums comme dans les ateliers, la tradition se réinvente. GENVIET reprend les motifs de la céramique de Chu Dâu pour les transposer sur du denim. Lua Kim marie velours de soie, fibres de lin et brocart dans sa collection “Viêt Vân”.

Lê Thanh Danh, lui, fait du bambou et de la vie rurale les fils conducteurs de sa collection “Tre & Cộng sinh” (Bambou & Symbiose). Anna Hoàng et Áo Dài UK misent, quant à eux, sur le dialogue entre les cultures asiatique et européenne.

Avec “Hành Tinh Phôn Thinh No.2” (Planète prospère), l’artisane émérite et créatrice Lan Huong puise son inspiration dans la nature et les cultures des régions montagneuses du Vietnam. Pour elle, chaque création porte ainsi un message, une vision de la vie et tout un héritage de valeurs et de sagesses.

«Chaque création que je présente à Londres porte les rêves et le travail de très nombreuses personnes. Je pense notamment aux motifs de brocart, tissés à la main par les femmes Mông. Sur le podium, chaque création ne reste que trente ou quarante secondes. Mais derrière ces quelques secondes se cachent des heures de travail, des savoir-faire et toute une histoire. Et je suis sûre que tout cela peut toucher le cœur du public”, nous confie la créatrice Lan Huong.

À Londres, l’áo dài vietnamien n’est pas seulement porté par des mannequins vietnamiens. Des modèles venus de plusieurs pays européens l’ont eux aussi revêtu. Une façon de faire voyager la tenue traditionnelle vietnamienne et son histoire bien au-delà de ses frontières. Pour certains, c’est une première découverte de l’áo dài.

«Je m’appelle Jack Barker, je viens de Londres. Je trouve les tenues vraiment très belles, avec de beaux tissus et une excellente qualité. C’est quelque chose de nouveau pour moi. Je suis Anglais, donc je n’ai pas vraiment l’habitude de voir ce genre de vêtements. C’est intéressant de découvrir votre culture à travers ces créations. Je trouve ça vraiment sympa».

«Je m’appelle Sophia Mayers, je viens du Kent, et j’ai des origines trinidadiennes et chinoises. Je suis très heureuse de participer au défilé d’aujourd’hui. C’est la première fois que je porte une tenue traditionnelle vietnamienne. Quand j’ai découvert ma tenue, je me suis dit: waouh, elle est incroyable! Je me sens vraiment honorée de participer à ce magnifique événement, qui célèbre la beauté et la diversité des cultures».

«Je m’appelle Oleg, je viens de Roumanie. Ma première impression de l’Aodai Fashion Week a été formidable. J’aime beaucoup les tenues, les créateurs et toute l’équipe qui travaille à l’organisation de cette semaine de la mode. Je suis vraiment heureux d’être ici et très enthousiaste à l’idée de participer à un événement aussi exceptionnel».

L’Áo Dài Fashion Week à Londres 2026, c’est avant tout une aventure collective. Vingt-huit pays représentés. Près de 200 bénévoles mobilisés. Et derrière eux, des créateurs, des professionnels de la mode et de la culture, mais aussi de nombreux passionnés. Tous ont uni leurs forces pour faire de Londres une nouvelle scène de l’áo dài vietnamien.

Pour Dào Thi Hông, première secrétaire de l’ambassade du Vietnam au Royaume-Uni, cet événement témoigne de l’attachement des Vietnamiens de l’étranger à leur pays d’origine.

«J’espère que cet événement continuera à faire connaître la beauté et les valeurs culturelles de l’áo dài auprès du public international. Où que nous soyons, le Vietnam reste notre maison. Et aujourd’hui, à Londres, cet attachement s’exprime à travers l’áo dài», dit-elle.

Bien plus qu’une tenue traditionnelle, l’áo dài porte en lui une histoire, une identité et la fierté de tout un peuple. À Londres, il franchit les frontières, se réinvente et fait rayonner un Vietnam fier de son héritage et de sa culture.