Lors de son 4e plénum, qui s’est achevé jeudi, le Comité central s’est penché sur une question majeure: Comment transformer les compétences en capacité d’action et, à terme, en résultats pour le pays?
Donner leur chance aux compétences
Pour développer le pays, attirer les meilleurs ne suffit pas: encore faut-il savoir leur confier les bonnes responsabilités et leur donner les moyens d’agir. Cette nouvelle perspective a été clairement formulée par le secrétaire général du Parti et président de la République Tô Lâm lors de la clôture du plénum.
«Il faut partir des exigences des missions à accomplir pour constituer des viviers de cadres, les former, les affecter et les mobiliser. Les résultats de l’évaluation doivent servir à sélectionner les meilleurs et à écarter ceux qui ne répondent pas aux exigences, tout en assurant la continuité d’un mandat à l’autre. Les qualités, la détermination, les compétences réelles et la crédibilité doivent se mesurer aux résultats obtenus. L’évaluation doit tenir compte de la difficulté de la mission, des conditions dans lesquelles elle a été menée et de sa valeur à long terme», a-t-il souligné.
Le message est clair. Ce ne sont plus seulement les diplômes, les parcours ou les titres qui doivent guider le choix des responsables, mais aussi leur capacité à répondre aux défis qui se présentent.
Cette approche change la manière de concevoir la politique en faveur des talents. Un expert de haut niveau ne pourra pas contribuer pleinement au développement du pays s’il n’a pas la possibilité de mettre ses compétences au service de projets à la hauteur de son expertise. À l’inverse, lorsqu’il bénéficie d’une véritable marge d’initiative et des moyens nécessaires, son savoir-faire peut devenir un atout pour l’ensemble de la collectivité.
C’est dans cet esprit que la nouvelle stratégie entend élargir le vivier de compétences. Les talents recherchés ne sont pas uniquement ceux qui rejoignent l’administration ou les institutions publiques. Ils peuvent être chercheurs, entrepreneurs, experts ou spécialistes mobilisés ponctuellement sur des projets d’envergure.
«Il convient de mettre en réseau les talents présents dans le pays, les Vietnamiens établis à l’étranger et les experts internationaux. Mais il faut aussi renforcer les liens entre les établissements d’enseignement, les instituts de recherche et les entreprises. La détection et la formation des talents dans le pays doivent constituer le socle durable. Les organismes qui les recrutent doivent leur confier des missions à la hauteur de leurs compétences, leur permettre de maîtriser les technologies, de constituer des équipes et de transmettre les connaissances. La reconnaissance et la rémunération doivent être équitables entre les personnes recrutées et celles qui sont déjà à l’œuvre», a proposé le secrétaire général et président.
L’objectif est particulièrement stratégique pour un pays engagé dans une transformation rapide de son économie. Intelligence artificielle, semi-conducteurs, biotechnologies, transition numérique et économie verte exigent des compétences pointues que le Vietnam doit pouvoir former, attirer, mais aussi conserver.
Le défi est donc double: faire revenir ou venir les compétences dont le pays a besoin, tout en créant un environnement suffisamment stimulant pour que celles qui sont déjà présentes puissent donner le meilleur d’elles-mêmes.
Des compétences aux résultats
Reste une condition essentielle: une administration capable de transformer les compétences en décisions et en résultats. La réforme du personnel ne peut donc être dissociée d’une amélioration de la gouvernance publique.
Cela suppose notamment de revoir la manière dont les responsables sont évalués. Le résultat d’une mission ne peut être apprécié indépendamment des moyens dont disposait celui qui en avait la charge, ni des responsabilités qui lui avaient réellement été confiées. La capacité à s’attaquer à des dossiers nouveaux, complexes ou particulièrement difficiles doit également entrer davantage en ligne de compte.
Derrière la réforme de la politique du personnel se dessine ainsi une ambition plus large: mieux utiliser le potentiel humain du pays pour renforcer sa capacité à se développer. Former, attirer et retenir les compétences, mais surtout leur permettre de se mettre pleinement en valeur… C’est à cette condition que le capital humain pourra devenir l’un des principaux moteurs de la croissance et de la compétitivité du Vietnam dans les années à venir.








