Organisée par le ministère marocain des Affaires étrangères en partenariat avec les Nations unies et l’Organisation internationale de la Francophonie, cette rencontre de haut niveau a réuni 62 délégations et 26 ministres sous l’égide de l’ONU et de l’OIF.

Placée sous le thème: «Le maintien de la paix dans un monde en pleine mutation: défis et perspectives futures», la conférence avait pour objectif de renforcer la coopération face aux crises qui secouent plusieurs régions du monde francophone.

Lors de la séance d’ouverture, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita a plaidé pour une réforme des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Selon lui, l’espace francophone demeure sous-représenté malgré son implication massive sur le terrain.

«L’espace francophone accueille deux tiers des missions de maintien de la paix, lesquelles mobilisent 60% du budget consacré par les Nations unies à ce secteur. Or, sa place demeure en deçà de son potentiel. La présence des pays francophones en effectifs ne dépasse pas 28%. Et ce constat est encore plus marqué lorsqu’il s’agit de genre. Les femmes francophones ne représentent que 24% du personnel féminin déployé dans les opérations de maintien de la paix», a-t-il déclaré.

Coprésidant la conférence avec son homologue marocain, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a insisté sur la nécessité de préserver un multilatéralisme capable de répondre aux fractures géopolitiques actuelles.

«Il s’agit là d’une nouvelle démonstration de ce que le Maroc et la France peuvent faire ensemble pour promouvoir un multilatéralisme efficace. Face aux bouleversements du monde, notre partenariat d’exception renforcé est un outil puissant pour projeter de la stabilité et impulser des solutions concrètes. Nous le faisons sans exclusive, mais avec cette responsabilité particulière qui est la nôtre, compte tenu de notre histoire et de notre géographie, de faire dialoguer l’Europe, l’Afrique et tous ceux qui ne veulent pas être enfermés dans des logiques de bloc et s’inscrire dans un multilatéralisme rénové et exigeant», a-t-il ainsi affirmé.

Au cours des discussions ministérielles et des ateliers thématiques, les participants se sont penchés sur les nouveaux risques pesant sur les opérations de paix, sur l’amélioration de la formation des Casques bleus et sur le renforcement des partenariats internationaux en faveur de la paix et du développement durable.

Le général de brigade Pham Manh Thang, chef du Département de maintien de la paix du Vietnam, a fait observer que la délégation vietnamienne avait multiplié les échanges avec ses partenaires afin de tirer profit des expériences internationales tout en partageant le savoir-faire de notre pays en matière d’opérations de maintien de la paix.

«Nous avons rappelé un point essentiel: le maintien de la paix reste l’un des instruments les plus solides et les plus rentables de la communauté internationale. Le Vietnam a insisté sur la nécessité de mieux former les Casques bleus, de renforcer leur capacité d’adaptation et d’améliorer l’efficacité des missions, dans un contexte marqué par de nouvelles menaces sécuritaires, des défis émergents et les effets grandissants du changement climatique sur le terrain», a-t-il indiqué.

Pour le Vietnam, cette conférence aura aussi été l’occasion de mettre en avant douze années de participation aux opérations de maintien de la paix des Nations unies. Depuis l’envoi de ses deux premiers officiers en 2014, notre pays a déployé près de 1.400 militaires et policiers au sein de missions onusiennes, notamment au Soudan du Sud et dans la région d’Abyei. Le Vietnam continue également d’être salué pour son taux élevé de femmes au sein de ses contingents de maintien de la paix.

Le général de brigade Pham Manh Thang a saisi l’occasion pour réaffirmer l’engagement du Vietnam en faveur des efforts multilatéraux pour la paix.

«La participation du Vietnam à cette conférence illustre une fois de plus son rôle de plus en plus actif au sein des mécanismes multilatéraux en faveur de la paix. Elle reflète aussi notre volonté de contribuer de manière concrète et efficace aux efforts de la communauté internationale pour un monde plus stable, plus pacifique et tourné vers un développement durable», a-t-il déclaré.

À l’issue des travaux, la conférence a adopté la «Déclaration de Rabat», réaffirmant l’engagement des États membres en faveur des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Le texte souligne l’importance du multilatéralisme, du renforcement de la coopération internationale, de la sécurité des forces déployées et de la mise en œuvre de l’initiative «Action pour le maintien de la paix plus» des Nations unies.