Ce déplacement permet aux deux pays de réaffirmer leur volonté d’approfondir leur partenariat stratégique global, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de coopération économique, politique et régionale pour les années à venir.
Il s’agit de la première visite en Thaïlande d’un dirigeant vietnamien cumulant les fonctions de secrétaire général du Parti et de président de la République depuis le XIVᵉ Congrès national du Parti communiste vietnamien. Bangkok constitue par ailleurs la première étape de la tournée régionale de Tô Lâm en Asie du Sud-Est.
Au-delà du protocole, ce déplacement vise à consolider le partenariat stratégique global établi entre les deux pays en mai 2025 et à ouvrir de nouveaux axes de coopération, alors que les économies vietnamienne et thaïlandaise cherchent toutes deux à accélérer leur transition numérique et écologique.
Approfondir le partenariat stratégique global
Le Vietnam et la Thaïlande sont des partenaires clés en Asie du Sud-Est, partageant de nombreux intérêts stratégiques dans le maintien de la paix, de la stabilité et dans la promotion du développement régional. Leurs relations étroites reposent sur des échanges politiques réguliers, une coopération économique en forte croissance ainsi que sur des liens touristiques, culturels et éducatifs de plus en plus denses.
À la veille de cette visite, le vice-Premier ministre et ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a insisté sur la nécessité d’inscrire cette relation dans une logique de développement durable:
«Aujourd’hui, la croissance doit être durable. Nos relations économiques, commerciales et d’investissement doivent donc évoluer dans cette direction et soutenir la croissance verte. Les deux pays disposent désormais d’un vaste potentiel de coopération dans l’économie verte, l’économie numérique, les sciences et les technologies, mais aussi dans le développement des ressources humaines», a-t-il souligné.
Même analyse du côté vietnamien. L’ambassadeur du Vietnam en Thaïlande, Pham Viêt Hùng, estime que le partenariat stratégique global offre un cadre favorable à l’élargissement de la coopération au-delà des secteurs traditionnels:
«Le commerce, l’investissement ou le tourisme restent des piliers importants, mais nos deux pays partagent désormais des objectifs communs en matière de transition numérique, de transition verte, de sécurité énergétique et de lutte contre le changement climatique. Je pense notamment à la coopération dans l’économie maritime, la pêche ainsi que les énergies vertes et propres afin de garantir la sécurité énergétique de nos deux pays», a-t-il déclaré.
Le programme de cette visite reflète cette ambition politique. Tô Lâm doit participer aux célébrations du cinquantenaire des relations bilatérales, s’entretenir avec le Premier ministre thaïlandais, rencontrer le roi et la reine, ainsi que les présidents des deux chambres du Parlement. Un forum d’affaires réunissant près de 300 entreprises vietnamiennes et thaïlandaises est également prévu.
Un message pour l’ASEAN
Au-delà de la relation bilatérale, ce déplacement revêt également une dimension régionale. Bangkok et Hanoï affichent leur volonté commune de renforcer le rôle de l’ASEAN dans un environnement géopolitique devenu plus instable.
«L’ASEAN se trouve à un carrefour stratégique. Nous avons obtenu de nombreux résultats, mais nous faisons également face à d’importants défis. Il faut renforcer l’unité et le rôle central de l’organisation. Le Vietnam et la Thaïlande partagent une même vision de la région et doivent contribuer à faire de l’ASEAN une zone de stabilité capable de résister aux rivalités géopolitiques croissantes», explique le vice-Premier ministre et ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow.
Cette visite officielle du secrétaire général du Parti communiste et président vietnamien Tô Lâm en Thaïlande n’ouvre pas seulement une nouvelle dynamique pour le partenariat stratégique global entre les deux pays; elle réaffirme également une volonté commune: bâtir une ASEAN unie et résiliente, tout en préservant son rôle central dans l’architecture régionale.
Dans un contexte mondial et régional toujours marqué par de nombreuses turbulences, la cohésion et la confiance entre les États membres constitueront un fondement indispensable pour permettre à l’ASEAN de faire entendre une voix commune et de promouvoir la paix, la stabilité et le développement durable.








