Parmi les temps forts: «L'Âme de Truong Ba, la peau du boucher», un classique de Luu Quang Vu, monté par une metteuse en scène française avec les artistes du Théâtre de la Jeunesse de Hanoï.

Écrite au début des années 1980, la pièce raconte l'histoire d'un homme dont l'âme, rendue à la vie, se retrouve prisonnière du corps d'un boucher. Une fable sur la difficulté de rester soi-même, devenue l'une des œuvres majeures du théâtre vietnamien moderne.

Anne Bouvier a été contactée en juillet, pour une création qui devait démarrer un mois plus tard à Hanoï. Sans parler vietnamien, entourée de deux interprètes, elle a surtout dirigé les comédiens par le geste et le regard. Elle a aussi dû composer avec d'autres codes: ici, lui a-t-on expliqué, une belle-fille ne touche pas son beau-père de cette manière.

«Donc je me suis adaptée. C'est des contraintes culturelles que j'ai acceptées. Et chacun a fait un pas vers l'autre. Et donc on est arrivé à quelque chose, je crois, de satisfaisant pour les uns et pour les autres. C'est-à-dire qu'eux se sont dit: oui, c'est vrai, pourquoi après tout, ici, la belle-fille ne peut pas toucher son beau-père comme ça? Pourquoi? Donc ça nous a obligés les uns les autres à nous questionner sur nos propres codes et nos propres cultures. Et on a trouvé, je crois, un bel alliage», partage-t-elle.

La pièce sera présentée le 26 octobre au soir au Théâtre Marigny. Elle s'inscrit dans un programme plus large, des marionnettes sur eau au chèo, au tuông et au cai luong, jusqu'à la danse contemporaine. Lors d'une conférence de presse tenue le 6 octobre à Paris, l'ambassadeur du Vietnam en France, Trinh Duc Hai, a souhaité que l'événement permette de passer peu à peu de la présentation culturelle à la co-création entre les scènes des deux pays.